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2. Cette réflexion paraît venir du prince en question, bien que le ces semble le mettre hors de cause.
Discours sur M. de la Noue. 289
Ce qui ne se doit pas faire pourtant; car roy et subjects sont nomina relata^ en françois noms relatifs, ce disent les dialecticiens; c'està-dire, qui sont conjoincts et qui se rapportent ensemble ; car, tout ainsy que le subject est tenu de servir son roy, aussi le roy est tenu d'aymer, maintenir et caresser son subject.
Il est bien vray pourtant, et pour en parler plus sainement, que le subject est plus estroictement lié à son roy. Toutefois, le roy ne le doit abandonner en sa nécessité, ny gourmander ou. tyranniser; autrement il met en desespoir le subject de faire beaucoup de choses qu'il ne devroit ny ne voudroit. Ainsy que fut contrainct ce grand prince de Melfe, lequel, après avoir faict (luy premier et quasi le dernier du royaume de Naples) ce que bon, loyal et vaillant subjectif poùvoit faire, assailly dans sa ville pillée et forcée, et luy
Ï)ris prisonnier, jamais ne pouvant obtenir de 'empereur un seul denier pour payer sa rançon, fut contrainct d'avoir recours au roy François, de la lui demander et là gaigner ainsy, en se soubmettant à son service, et, se desgageant du gage, du debvoir et hommage de fidélité qu'il debvoit à son prince, porter les armes pour luy, qu'il porta si heureusement et si vaillamment et fidèlement, qu'il en fut faict mareschal de France et gouverneur de Piedmont, le principal, pays pour lors de la France, et autant scalabreux, et où il debvoit estre commis un des fidèles subjects natifs propres de la France. Qui estoit
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cause* qu'on trouvoit estrange, et pourtant luy s'en acquitta mieux, et avec plus de loyauté qu'un naturel et propre françois. Si telle occasion de se révolter ne fust esté juste, et qu'on l'eust trouvée pour ingratitude ou trahison, jamais le roy ne s'en fust servy de ceste façon. Un peu auparavant luy, en avoit fait de mesmes don Pedro de Navarre, qui le prit dans Melfe; lequel, après avoir faict beaucoup de services à sa patrie et à ses roys, tant en Barbarie contre les Infidèles, que contre les Chrestiens, venant à estre pris à Ravenne, n'ayant pu finer d'un seul denier pour se délivrer de captivité, il fut contrainct de quitter son party, embrasser çeluy du roy François. J'en alleguerois une infinité d'autres exemples, et mesmes de ceux de Milan et de Naples, lorsque nos derniers roys les tenoient. Quand ils les sont venus à perdre et à changer de fortune, ont changé ae volontés et pris l'occasion de victoire ; et n'ont point advisé si Naples et Milan appartenoient de juste droict à nos roys; car et qu'eussent-ils faict.? Ils eussent quitté leur pays et leurs maisons, et . s'en fussent venus mourir de faim en France, ainsy que j'ay veu les princes de Salerne, les ducs de Somme, d'Atrie, le comte de Gajazze, le seigneur Julio Brancazzo, et une infinité d'autres que j'ay vetis à nostre cour, faisans à tout le monde plus de pitié que d'envie, et qui mouroient quasi de faim, comme mourut ainsy le prince de Salerne, qui mourut ne