‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeilles (volume 3)Chapitre 161 sur 179 · I . Ce qui était chose · texte numérisé non relu

I . Ce qui était chose

Discours sur M. de la Noue. 291

laissant après soy pour se faire enterrer, comme je vis. Et n'eust-il pas mieux valu qu'ils n'eussent bougé de leur patrie et maisons, et s'accommoder au temps et au vouloir du sort?

Lorsque le petit roy Charles VIII prit Naples, le seigneur Ursin *, qui avoit receu une inimité de plaisirs de la maison d'Arragon, estoit abstrainct de* plusieurs liens de foy, d'obligation, d'honneur et de conjonction de sang, estant gênerai de toute l'armée royalle et connestable de tout le royaume de Naples; néanmoins, voyant qu'il ne pouvoit pas bien sauver le roy son bienfaicteur, ny se garantir des armes victorieuses de France, et ne trouvant expédient à s'engarder d'aller en ruyne avec luy, consentit, avec une grande merveille' des François mesmes, que ses enfans s'accordassent avec les François, et fissent service au roy de France. A cela nécessité les y contraignoit; estans ces propres interests de telle nature, qu'ils font oublier les plaisirs, tant grands qu'ils soient, pour remédier à eux*.

Peu après, ledict roy Charles venant à perdre ledict coyaume, Fabricio et Prospero Colonna, qui avoient receu tant de biens et d'honneurs du roy Charles, contraints de la mesme nécessité, et du désir de se conserver

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