‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeilles (volume 3)Chapitre 162 sur 179 · Au grand émerveillement des Français · texte numérisé non relu

Au grand émerveillement des Français

^. C*est-à-dire : le soin de tels intérêts fait oublier ce qui plaît le plus.

292 Discours sur M, de la Noue.

en leurs Estats et biens, ils s* accordèrent avec Ferdinand, et Pallerent servir, et luy aidèrent à conquérir son royaume, aymans mieux laisser leur bienfaicteur seul que se perdre avec luy, dont pourtant n'en furent trop estimés. Encor que ces ingratitudes que je viens d'alléguer ne fussent licites, elles furent excusables.

Autant en firent les Angevins, c'est-à-dire ceux qui tenoient le party d'Anjou ou de France à Naples, lesquels contraints s'accommodèrent au temps et à la fortune, suivirent le party d'Arragon, qui pourtant, quelques années après, n'en furent pirement traictés du roy Louis XII lorsqu'il les reconquit. Ains *, les reprit tous en grâce et en faveur, voyant bien qu'ils n'avoient desvoyé par malignité ny par bon gré ; car tels ingrats faillans ainsy • sont abhorrables par-tout. Par ainsy, M. de La Noue fust esté excusable s'il eust esté pressé de ces nécessités, comme ces autres que je viens d'alléguer pour exemples. J'en alleguerois plusieurs autres, mais je n'aurois jamais faict.

Par-quoy, pour retourner encor aux obligations qu'aucuns publient et célèbrent tant que nous devons à nos pays et à nos souverainetés, en quoy peuvent-elles estre si grandes? Ventre-nom » pas de ma vie! nous ne sommes pas plustost^nays que nous en recep-

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