‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeilles (volume 3)Chapitre 172 sur 179 · Beyrouth · texte numérisé non relu

Beyrouth

3i6 Discours sur M. de la Noue.

gnoissance de la Courtoisie passée : et ainsy laissa aux vivans célébrer les obsèques de leur roy. Quelle bonté de barbare, qui efface force chrestiens que je sçay!

En nos guerres civilles, en la battaille de Jamac, le teu comte Gayasse, brave et gallant gentilhomme italien, qui s'estoit trouvé en plqpieurs bons affaires pour le service du roy, et mesmes au siège de Sienne avecques M. de Montluc, mourut en Dauphiné (lorsque le roy Henry III tourna de Poulogne) en titre de mareschal de camp, et fut tué en une rencontre. Il fut soupçonné, et non à tort, d'avoir sauvé M. de Teligny, qui par cas estoit tumbé entre ses mains; mais, d'autant qu'il avoit receu plaisir de luy, le voulant recognoistre en une si belle occasion. Parquoy le fit esvader, sans sonner mot, tout bellement du champ de battaille, et le conduisit hors du vainqueur, sans en vouloir faire sa parade au gênerai et à l'armée, comme plusieurs pleins de vanité et ingrats eussent faict, ny sans crainte d'en estre repris ny en estre en peine; car il ne luy alloit rien moins que de la teste pour le droict de la guerre. Monsieur, nostre gênerai, le sceut comme par une suspicion sourde; car il y avoit joué son jeu seur et sans bruit, si bien que, -par aucune vive apparenee ny conjecture vraye, on n'en eust rien sceu juger sainement. Si n'en fut-il inquiété nullement du gênerai, ains en fut loué, et de luy et des gallants^ de

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