Soldados de la pahota
3 . Juro à Dios que aora no somos mas soldados del emperador hornero (/?), mas del emperador guerrero.
(a) En italien, pagnotta sijgnifie petit pain, et Ménage rapporte en efFet qu'on appelait gentilupmini di pagnotta, les gentilshommes qui se louaient pour faire nombre dans l'escorte des grands ; ils recevaient ce jour-là un pain. Chacun se renvoya plus tard comme injure ce mot qui veut dire : homme sans énergie, en France ; gueux, ladre, couard, en Languedoc. En 1^42 et aussi en Piémont, LaCurne dit que les Espagnols avaient déjà retourné le mot contre les Français.
{b) Hornero (seigneur fournier) se disait à la fois du boulanger et du maître du four.
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du voyage de la Collette à Rome, devant Sa Saincteté et tout le sainct collège des cardinaux, où il deschiffra si bien le roy François, et le menaça, jusques à dire : Je le forcerai et le mettrai en telle embaras de guerre, qu'il servira à faire le dernier chapitre des Illustres Malheureux de Boccace ^ » D'autant que Boccace en a fait un livre, où il exprime la grandeur d'aucuns grands, et leur déclinaison par après. Geste rodomontade estoit belle, si le faict l'eust accompaignée ; mais il s'en fallut. Le voyage de Provence qu'il entreprit et rompit par sa courte honte', avec son grand conseiller Anthoyne de Levé, qui en fut auteur; mais il y fut bien attrappé par l'advis du prince de Melphe, grand capitaine, et très-renommé certes, qui, le voyant, après la prise de Fossan, vouloir venir à Thurin (belle butte d'espérance pour estre pris, s'il y tournoit visage comme il vouloit^), le fit advertir par un espion, faisant du bon vallet à l'empereur, et luy monstrer qu'il luy vouloit faire un bon service, et qu il dressast ses desseins vers Provence, et principallement vers Marseille, où il faisoit très- bon, n'y ayant personne pour le soubstenir, ce qu'il eust aysement faict*.
1 . Yo le forzaré y meteré â tal punto de guerra, que servira â acabar el postrero capitule de los illustres desdichados de Bocacio.
2. Qu'il entreprit et quUl eut bientôt la honte d'abandonner.
j. A Turin qu^il avait bon espoir de prendre, s'il avait marché dans cette direction comme il voulait d'afcNord.
4. Il )r a de l'obscurité dans ce passage, qui semble devoir être ainsi interprété : < Vers Marseille où il faisait très bon
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Ledict Anthoyne de Levé, voyant les choses facilitées par ledict prince », contre l'opinion de tous, il persuada à l'empereur ce projet, qui réussit mal, dont il en mourut de despit.
Ledict Anthoyne de Levé fit là une grande faute de prendre advis et conseil de son ennemy.
Ce que ne fit pas Assanagès, Espaignol regnié*, que Barberousse avoit laissé dans Alger pour gouverneur et son lieutenant, lorsque l'empereur l'alla assiéger, et l'ayant envoyé sommer et luy remonstrer qu'il ne sçauroit mieux faire en toutes sortes que n attendre la furie d'un siège, mais de rendre la ville sans autre cérémonie, il respondit : « Il n'y eut jamais rien de plus mauvais que de prendre conseil de son ennemi. Si vous me conseilliez de ne point rendre cette ville, je la rendrois; mais, parce que comme ennemi vous me conseillez de la rendre, je ne veux point la quitter '. » Et dict bien mieux :
« Avecques quoy, vous autres, qui bravez et « menacez, me pensez-vous prendre et faire « tant de mal ? — Avecques tant de gens, de « moyens de guerre que nous avons. — Et
pour lut, la place n'ayant personne pour soutenir son attaque» qu'il mènerait aisément à bien. »
1. Antoine, dupe des facilités dont parlait l'espion du prince de Melfe, rallia l'empereur à ce projet contre l'opinion de tous.
2. Rénéçat. — Au douzième siècle on écrivait plus correctement renié pour ayant renié sa foi.
3. Nunca peor cosa fué, que tomar consejo de su enemi^. Que si me aconsejàrais de no rendir la tierra, vo la rendinà ; mas pues que, como enemigo, me aconsejais ae rendirla» yo no quiero dexarla.
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a moy, respondit-il, j'en ayde mesmes céans, a et de ce qu'il me faut pour me deffendre de « vous autres. » Hà! quel renégat et eunuque tout ensemble!
Il avoit bien raison de parler si bien, et de faire encore mieux : ce qui doit bien servir d'exemple et d'advis à force capitaines qui ont gardé des places, de peur qu'il ne se laissent aller aux douces sommations, blandisses et belles parolles que leur disent et envoyent ceux de dehors pour les attirer à se rendre à eux : et faut qu'ils bouschent leurs oreilles, comme on faict au chant des seraines* ; car, s'ils se laissent glisser le moins du monde dans le conseil de leur ennemy, les voylà perdus et deshonnorés pour tout jamais : ainsy que je sçay d'un gentilhomme de par le monde, lequel, estant dans un chasteau de Guyenne, le plus fort qu'il y ait esté il y a trois cens ans, lui tenant le parti de ceux de la relligion, après la battailledeMontcontour, fut envoyé sommer et prescher par un gentilhomme sien parent, qui luy donna tant au bec et de l'aisle, que, misérablement, et à sa grand honte et confusion, il rendit la place par ceste seule sommation et conseil; place si forte,
?[ue, cina ans après, estant au mesmes estât. Ut assaillie d'un grand prince, lieutenant de roy, qu'il ne sceut forcer ny avoir de trois mois, encore à grand peine, et par une honorable composition. Ce qui devoit estre une grande honte à ce gentilhomme, qu'on disoit