‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeilles (volume 3)Chapitre 37 sur 179 · I . Sirènes · texte numérisé non relu

I . Sirènes

72 Rodomontades espaignolles.

de luy par risée que, pourquoy ilPavoit rendue ainsy aysement, ce n'estoit pas faute de munition ny vivres, car il en avoit ce qu'il en falloit, mais parce qu'il n'avoit pas de moustarde pour manger son bœuf sàllé... J'ay peur de m'estre un peu extravaguéde mon premier dessein : mais pourtant n'a point esté mal à propos ny inutile, et aussy qu'une autre fois je 1 eusse oubliée».

Le marquis de Pescayre ayant assiégé une place nommée Pisguiton', enl'estat de Milan, il y eut dedans « trois excellens arquebusiers; ayant été mis en garde en un certain lieu secret de là muraille, regardoient s'ils ne verroient point quelque Espagnol sur lequel ils pussent décharger leurs arquebuses à coups sûrs; et il arriva qu'ayant couché morts le capitaine Busto et le capitaine Mercado, le troisième ayant déjà dressé son arquebuse contre le marquis de Pescaire, et cherchant à y mettre le feu, tout d'un coup un capitaine de Pavie, nommé Le Fratin, avança la main et lui arracha la mèche allumée, criant à haute voix : <c A Dieu ne plaise que par notre cruauté périsse un si vaillant capitaine, qui est le père des soldats, et qui nous maintient, encore que nous soyons ennemis: mais, au contraire, conservons-lui la vie afin de vivre du gain de nos soldes, et que nous ne mourrions point de faim au milieu d'une paix lente

1 . De pareils oublis ne sont jamais à craindre chez l'auteur, qui a parlé ailleurs déjà de la prise de ce château de Lusignan rendu par Mirambeau.

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