‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeilles (volume 3)Chapitre 50 sur 179 · Parmi toutes les bandes d'infanterie · texte numérisé non relu

Parmi toutes les bandes d'infanterie

2. Les chemins étaient presque ravina par la foule de gens accourus pour voir cette ui£uiterie. — Il va sans dire que

n'avoit avec luy pris d'autre infanterie italienne ou tudesque. Aucuns respondirent :

« Parce qu'il sait bien que, par notre valeur et notre grand courage, il doit acquérir dans cette guerre le nom de Grand Capitaine par dessus tous ceux qui l'ont jamais été'. »

Comme de vray, par leurs seules armes, il a faict trembler tout ce pays-là, et remis en son premier devoir '.

'J'entretenois une fois, dans le chasteau de Milan, un vieux soldat espaignol, morte paye de leans", qui avoit toute sa vie consommée aux guerres de l'empereur Charles, et me racontoit qu'il n'y aymoit rien tant que les soldats espaignols, « parce que, comme bons artisans et bons ouvriers*, ils avoient travaillé de leurs propres mains la couronne de laurier oui lui ceignoit le front; ne craignant point de perdre la vie pour établir sa gloire et la leur * » .

l'auteur ne dit point cela sérieusement. Il y avait d'ailleurs alors peu de routes en bon état.

1 . Porque conoce bien que con singular valor de nosotros Espaîioles, ha de alcanzar en esta guerra el clarisîmo nombre de Gran Capitan, mas que ningun otro que nunca fué.

2. L'auteur l'a déjà dit et n'en veut pas démordre, bien qu'il ne dise que la moitié de la vérité.

3. On appelait ainsi les soldats vétérans conservés pour la garde des places parce qu'ils étaient payés sur état de l'ordinaire des guerres. La paye morte pour eux était celle du corps auquel ils avaient appartenu.

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