Salluste
2. Este dia i)erdieron los Franceses el nombre que Tito Livio les da, didendo : < Galli sunt gloria belli. >
3. Las cosas de la guerra van mal al tiempo que mas sin pensarlo estan.
4. Que era cosa maraviUosa los fuegos, y luminarias, y hachas, que estaban en la ciudad, de manera que parecia cosa encantada. No menos el real del emperador era visto claro y radiante por la muchedurobre de hiegos, que parecia otrocieloestrellado.
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Estant le duc d'Albe assiégé dans Pampellune par le roy Jehan et M. de La Pallisse, et attendant l'assaut, entre autres parolles qu'il prononça en son harangue, exhortant les siens, il dict celles-cy : « Je crois bien, soldats, que votre courage ne sauroit croître par mes paroles ; et je suis bien certain que l'approche de la bataille ne vous fait point peur. Vous avez trouvé ce que vous avez tant de fois désiré, de vous voir avec vos ennemis, et non seulement les vôtres, mais de Dieu. Je me suis acquitté de tout ce qui me regarde avec bien du soin; le reste dépend de Ta vertu de vos courages et de la force de vos bras. Je vous demande que vous vous souveniez du nom de l'Espagne, qui n'a jamais pu être vaincue. Et si vous me voulez dire que les Espagnols ne se doivent point vanter de cela, puisque leurs étendards sont au pouvoir des ennemis depuis la bataille de Ravenne', je le confesse; mais considérez qu'ils y ont trouvé une si sanglante victoire, que les François confessent euxmêmes que plût à Dieu Qu'ils eussent esté les vaincus, plustost que d'obtenir une victoire si périlleuse. Souvenez-vous que sur cette même terre où vous marchez maintenant, le roi cKarlemagne a esté défait et vaincu avec ses douze pairs. Notre roi don Alphonse le Chaste disoit qu'il y avoit plus de gloire à conserver ce qu'on a acquis, que de Faire de nouvelles acquisitions, en ne les pouvant conserver. Et
I. M. Ludovic Lalanne a reconnu que cette allusion à la bataille de Ravenne n'était point dans le texte espagnol cité par Branthôme.
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puisque, lorscju'pn^ montre aux hommes courageux le péril, leur courage s'en accroît, je vous avertis que vous estes condamnés par les Françoi^s à perdre la vie sans aucun quartier. Je vous prie donc que vous la leur vendiez de manière que vos meurtriers tombent à terre avant votre sang. Et parce que je vois déjà les étendards des ennemis s'avancer, je vous recommande de garantir de honte le nom et la gloire de l'Espagne*. »
Voylà de beaux mots et de grand poids,
I . Bien creo, caballerosf que no podré acrecentar vuestro esfuerzo con mis palabras, y tambien sov derto que la vista de la bamlla no os pone miedo. Aquelio que muchas veces deseasteis habeis hallado, que es ver os con vuestros enemigos, y no solo vuestros, mas de Dios. Todo lo que me toca, de estado y con mucha diligencia lo he hecho : lo demas pende de la virtud de vuestros corazones y fortaleza de vuestros brazos; os«ruego que os acordeis del nombre de Espana, que nunca supo ser vencida. Y si me quereis responder, que de eso no se pueden alabar los Espaàoles, pues estan sus banderas en pcnder de sus enemigos, despues del dia de la batalla de Ravena, yo asi os lo confieso : mas, mirad que tan sangrienta Victoria tuvieron, que los mismos Franceses confiesan que pluguieria â Dios que ellos fueran vencidos, porque no tuvieran la Victoria tan llorosa. Acordaos que en la tierra que de baxo de vuestros pies hollais, el rey Carlo Magno fué vencido y desbaratado, con muerte de sus doce pares. Decia rey nuestro don Alonzo el Casto, que hay mas gloria de conservar lo adquirido, que ganar grandes tierras, no pudiendo sostenerlas. Y poroue â los virtuosos, mostrandoles el peligro mas les crece el esfuorzo, os hago saber, çiue estais sentenciados por los Franceses â perder las vidas sin ninguna merced. Os ruego que asi las vendais, que priméro vuestros matadores, que vuestra sangre, caygan en esuello. Y, porque veo ya las banderas de los enemigos avercarse. os encargo que saquas de vergûenza el nombre y gloria de Espaâa.
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encor qu'ils soient courts*. Aussy un chef de guerre ne se doit jamais amuser aux grandes harangues, lorsqu on est prest de venir aux mains : les efFects y sont plus propres; ainsy que faisoit ce grand capitaine Jules Caesar, lequel, sur le poinct du combat, n'employoit le temps en grandes et longues concions, comme nous voyons en ses Commentaires, qui parloit si briefvement, et en gallant soldat et capitaine à ses cens. Ce brave Catilina, dans Salluste, lorscju il fallut donner sa battaille, triumpha de bien dire et courtement en peu de mots, qui portèrent si grand poids, que les soldats, de ce esmeus tous, moururent dans le mesmes champ de battaille qu'ils avoient choisy, sans en bouger le pied. J ay veu beaucoup de grands capitaines qui se sont mocqués, comme M. le marescnal de Strozze, ainsy que j'ay ouy dire à un de ses capitaines, de leurs compaignons grands harangueurs, principallement en telles besoignes si hastives et preignantes *. H est bien vray que les consuls romains s'en sont meslés bien fort, comme nous lisons en nos histoires, et mesmes en Tite Live : mais c'estoit longtemps devant qu'ils commençassent leur combat qu'ils ha-
1 . Ils sont au contraire beaucoup trop lon^^, car on a autre 'chose à faire en face d'une colonne d'assaut; il est probable que l'auteur de la Conquête de Navarre faisait comme les historiens de son temps, et comp<wait des harangues. La mode en fut longue. < Ce n'est point petite chose que faire parler deux rois », disait chez nous l'historien Varillas. — Quoi I dit un naïf ; Vous faites donc une tragédie.
2. Et absorbantes. En langue d'oc, on dit preynar pour engrosser.
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ranguoient; et sepreparoient de bonne heure, car telle estoit la coustume : autrement le mystère n'en eust rien valu. Mais lorsaue ce venoit à enfoncer sans marchander, s ils se fussent mis sur leurs beaux dires et discours militaires, ce fussent esté de vrays fats, et se fussent trouvé les ennemys sur les bras, de telle façon qu'ils n'eussent eu loysir de songer à eux, ny se recongnoistre, ny leur ordre, ny leur place de battaille; et si n'eussent jamais faict de si beaux exploicts de guerres et gaigné tant de battailles, et fussent estes ainsy sottement desfaicts. Voylà pourquoy les grands raisonnemens que l'EspaignoI appelle razonamientoSj faut que ce soit la vigille de la battaille, lorsqu'on l'attend, ou une heure ou deux devant la battaille, mais non point sur le point du choc, lequel ne demande que les plus courtes et brieves paroUes. Guichardin s'est voulu mesler d'imiter Tite Live en ses harangues militaires. Entre autres, il en faict une par trop prolixe que fit M. de Nemours prest à donner la battaille de Ravenne, qui certes est des plus dignes pour animer ses soldats, comme ils furent : mais il est à présumer qu'il abrégea bien autrement son dire; car là il estoit question promptement de venir aux mains aussytost qu'ils eurent passé le canal. Paulo Jovio s'est aussy ainsy fort amusé à descrire plusieurs longues harangues. Enfin plusieurs, ou la pluspart des historiographes, en ont faict de mesmes, desquels Belle-Forest a esté curieux d'en faire une recherche et un recueil bien gros, dont nous en voyons le
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livre'. Celuy qui a faist nostre Histoire de France faict M. de Guyse et M. l'Admirai haranguant en la battaille de Dreux si prolixement, qu'il n'en est rien. Je vis parler M. de Guyse, mais peu et bon. Quant à M. l'Admirai, il n'eut guieres loysir d'haranguer si longuement, et mesmes en la dernière charge qui se fit. Or, à ce que j'ay ouy dire que M. le mareschal de Strozze disoit, c'a esté plustost la grand'vanité des historiographes qui les y a poussés et faict ainsy trouver, excogiter et mettre par escrit ces grandes et longues harangues; lesauels, plains de vent et gloire, vouloient illustrer leur histoire et la rendre plus belle par ces grandes superfluités de paroUes. D'autres pauvres fats et sots pensoient aue leur histoire seroit manque et haire *, si elle n'estoit décorée et allongée d'une grand'creue et suite de mots. Pour fin, en matière de combats il n'y a que les briefves harangues; ainsy que fit ce brave M. de Guyse le grand, le jour qu'il pensoit avoir l'assaut à Mets, que M. de Ronsard a mise en vers. Et ne fut si longue pourtant comme la faict M. de Ronsard, ainsy que je l'ay ouy dire à ceux qui l'ouyrent et y estoient ; et si l'original valoit mieux que la copie. Et fut une chose très belle de la luy ouyr prononcer; car, oultre Qu'il avoit la grâce belle si jamais capitaine 1 eut, il avoit l'éloquence militaire très grande, comme j'espère en dire quelques unes des siennes, par un chapitre que je veux faire
1 . Branthôme parle là des Harangues de François Bellefo rest, et plus bas, de VHistoirede Voisin de la Popelinière.