‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeilles (volume 3)Chapitre 65 sur 179 · Remettre en mémoire · texte numérisé non relu

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Rodomontades espaignolles. 129

et de gloire, aussy battus et vaincus que vainqueurs. Et cela m'a conté un soldat françois espaignolisé qui estoit lors parmy les bandes espaignolles, qui entendoit le tout. Ce grand duc donc premièrement parle des grandes guerres qu'ils ont faictes au royaume de Naples, . soubs le grand capitaine Gonzalvo, Raymond de Cardone, de la bataille de Ravenne, bien qu'elle leur fust désastreuse.

Parle de ceste grand'conqueste des Indes, qu'il leur met devant les yeux, faicte par Hernando Cortès et Francisco Pizarre, qu'il nomme tous les deux par ces mots : « L'honneur de la milice espagnole*. » Raconte le beau combat qu'ils ont rendu en Italie soubs ce vaillant marquis de Pescaire et Anthoyne de Levé, et M. de Bourbon en la prise de Rome; les sièges de Naples et de Florence soubs Filibert' lé prince d'Orange; le levement du siège de Vienne, et la chasse et fuite du sultan Solyman; la conqueste de la Collette, de Tunis et de Cleves ; les voyages de la Provence, d'Alger et de Landrecy, où il ne fit trop bien ses affaires; la guerre d'Allemaigne, qui fut belle celle-là, où l'empereur acquist grande gloire; les guerres de Piedmont, de Parme et de Sienne. (Il ne gaigna rien aux deux premières, tesmoings la battaille de Cerizolles et la conqueste du Piedmont, comme j'en parle ailleurs. Sienne fut gaignée, mais

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