A l'appréciation que je fais
Rodomontades espaignolles. 25
cayre, dernier mort », brave et gentil seigneur, nostre capitaine gênerai, et tenant fort de ses prédécesseurs. Je vins à demander à un soldat espaignoi qui me paroissoit galant* par dessus tous les autres : « Monsieur, de combien de soldats est composée cette armée ?^ — Monsieur, me répondit- il, je vous le dirai. Il y a trois mille Italiens, trois mille Allemands et six mille soldats». » Voyez un peu et considérez quelle responce; car les Italiens et Tudesques, il ne les compte poinct pour soldats. Quelle gloire pour eux, et quel mespris * pour les autres! Si est-ce que les Italiens leur firent la honte toute entière à ceste expédition de la Collette ; car, estans resserrés dans un fort tout auprès, qui ^voit esté faict à la haste, et commandés par Pagan Doria et Gabrio Cervellon, et eux pouvans estre de cinq à six mille, tindrent ton, longtemps après la Collette prise, et combattirent très bien, et y acquirent gra^nd honneur, ainsy que monseigneur de Savoye nous conta, et que ce seul coup les pouvoit advantager sur les Espaignols et non jamais d'autre. — Cela disoit-il fort à la gloire desdicts Espai-
1 . Mort en dernier lieu. Cette défense de Malte était celle de 1567.