Basta, sire, chMo v'ho parlato
j . Bourde se dit encore ^ur^ en langue d'oc. Cette bourde prànéditée rappelle le procédé d'un autre Italien, le marquis de Spinola, qui s'avisa de mordre un doigt de Louis XIV,
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mieux reçu à parler à Sa Majesté, et estre entendu d elU, sçachant bien que la mer n'estoit pas plus près de Milan que Gennes.
Un pareil traict fit un que j'ay cogneu capitaine de galleres, nommé M. de Beaulieu, fort mon grand amy, qui avoit esté lieutenant d'une des galleres de feu M. le grand-prieur de France, de la maison de Lorraine, qu'il aymoit pardessus tous ses capitaines et serviteurs, car c'estoit le meilleur compaignon, et qui disoit le mot de la meilleure grâce qu'homme de France. Ceux de Marseille, ayant un jour une affaire à la cour de grande importance, ils envoyèrent par deux fois deux consuls des mieux choisis et des plus sages, qui n'y peurent rien faire, et s'en retournèrent comme ils estoient venus. Surquoy ils s'adviserent de prier ledict M. de Beaulieu d'aller à la cour, et prendre la charge de ceste affaire ; ce qu'il entreprend fort librement, car il estoit prompt et très officieux.
Après qu'il eut faict son harangue à la reyne-mere, qui gouvernoit tout pour lors, elle luy dict en riant bien fort : « Et quoy ! Beaulieu, ceux de Marseille n'avoient-ils point en leur ville un plus sage personnage que vous pour envoyer en ambassade.'* » Il luy respondit : « Oui vrayment, madame; mais quand ils ont veu que les deux qu'ils vous ont envoyés n'ont rien peu faire, ils se sont advisés d'y envoyer un fou, si qu'il feroit
au baise-main accordé pour la naissance du duc de Bourgogne. A Texclamation du roi, il dit gracieusement qu'il avait imaginé ce seul moyen d'être remarqué de Sa Majesté.
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mieux qu'un plus sage; et pour ce ils m'ont dellegué. Que si vous me faictes ce bien, madame, de m'octroyer ma requeste, vous me mettrez en réputation; et, de fou qu'on me tient, je seray désormais estimé très sage. »
La reyne, qui aymoit les bons mots et à rire, luy accorda sa requeste et le fit depescher : et puis s'en retourna joyeux, et fort glorieux, et bien estimé des Marseillois qui luy firent un beau présent de mille escus pour sa peine, qu'il ne cela point à la reyne, qui en fut bien ayse. J'estois lors à la cour, qui en vis tout le passe-temps; car ledict Beaulieu estoit mon intime amy.
Estant demandé un jour à un brave combien d'hommes il pourroit bien combattre et en sortir à son honneur, il respondit : « Un seul, s'il est homme d'honneur. Si Ce sont des lâches, la rue pleine ^ » Comme voulant dire qu'il en tueroit tant que les rues en seroient pleines, et en pueroient*. Geste response certes est belle et de considération ; car il n'y a rien si aysé que de battre des gens de peu*.
Si nous voulions* croire à un conte d'un
1. si es hombre de bien, uno ; y de vellacos, la calle llena.
2. Je ne vois pas que le texte espagnol autorise cette interprétation. Il paraît plus logique d'y voir seulement ce qu'il y a : I//Z seul, s'il est brave ; autant que la rue peut en contenir, si ce sont des lâches. Ce qui ne veut pas dire une foule si considérable, la rue étant généralement étroite en Espagne. Mais il n'est pas question de cadavres entassés dans la rue, comme l'auteur se plaît à le dire.
j. Surtout quand ces gens s'offrent sans défense à vos coups, ainsi que le montre le récit suivant.
4. Si est employé ici affirmativement. Si nous voulions croire équivaut à notre Prenons pour ce qu'il vaut.
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capitaine que j'ay cogneu, vray enfant de la mathe* s'il en fut onc, qu'on appelloit le capitaine Freville, brave et vaillant, un grand jeune homme de Taâge de vingt-cinq ans, de Délie et haute taille, et bonne façon, et qui parloit aussy bon allemand comme sa langue irançoise, pour avoir demeuré au pays six ou sept ans. Ce capitaine estoit fort mon amy et m avoit suivi au siège de la Rochelle, et à la cour quelquefois ; le roy Henry, à son retour de Poulloigne*, estant à Lyon, ce capitaine estoit bien souvent avecques moy, dont il me fut dict de bon lieu que je l'acivertisse qu'il ne se pourmenast plus tant, et qu'il pourroit estre en peine de la justice'; ce que je ne failly de luy dire, et de l'en advertir.
Mais il me respondit froidement : a Monsieur, je vous en remercie ; mais ne vous en mettez point en peine pour moy de cela ; car cela n'est rien. Ce n'est que quelque petite batterie dont on m'accuse; mais la justice ne me sçauroit rien que faire. »
Je voulois sçavoir au vray que c'estoit. Il me dict : « Monsieur, c'est rien cela; mais, puisque le voulez sçavoir, c'estoit un maraud, marchand de Paris, qui m'avoit faict un desplaisir. Je le fis guetter; et sceus comment il s'en alloit à Orléans un jour, avecques quatre
1 . On appelait enfants de la mathe (ou mate, de Titalien matta : troupe), les escrocs et les voleurs, ce gui donne une couleur singulière au faible que Branthôme aftiche pour un tel héros.