Éprouver quelque peine de la part des gens de justice
14^ Rodomontades espaignolles.
ou cinq autres marchands de ses compaignons.
Je monte à cheval. Je les suis tant que je puis. Je les trouve qu'ils disnoient à Longemeau.
Je mis pied à terre, et donne mon cheval à mon homme pour le tenir. Je monte en haut avecques mon pistolet bien bandé et le chien abattu. Je trouve mon homme au bout de la table. Soudain je vins à luy, et luy dis : Co/ifesse-toy, marchand de Paris, ta es mort Je luy présente le pistolet, lequel faut*, et soudain mis la main à l'espée. Je luy donne à travers le corps, et tombe roide mort par terre. Je vis ses compaignons oui font semblant de faire des mauvais. Je donne à Pun si grand estramasson ' sur la teste, que je la luy fends à demy; si bien que, tout estourdy, il tombe dans le feu qui l'acheva de mourir. Au tiers je donne une grande estoquade, dont il tomba soubs la table, pour amasser les miettes qui y estoient tombées ; mais il n'en amassa guieres, car il mourut. Le quatriesrae se mit à fuir et gaigner les degrés ; mais je luy donne un si grand coup de pied parmy le cul, qu'il descendit plus viste qu il ne voulut, car il se rompit le col. Moy, j'essuye bien gentiment mon espée à la nappe, et bois un coup, laisse mes gens là morts. Je redescens, passe sur le corps de l'autre au degré, et) tout froidement, remonte sur mon cheval, sans que personne de l'hostellerie s'esmeut n'y bougeast autrement, et me sauve. Et tout cela, mon espée