Van vesddos y ataviados como reyes
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leans, ou mourir de faim. Par une petite fenestre de la tour, un respondit pour tous de ceste manière : « Cavaliers, qui que vous soyez, nous vous baisons les mains, tous tant que nous sommes, et vous remercions beaucoup pour le bon parti que vous nous offrez, et la bonne volonté que vous nous témoignez' de nous vouloir délivrer de la mort. Quant à nous rendre et à servir le roi de France, il est si bon qu'il ne manquera point de serviteurs : pour nous, nous sommes si fidèles au nôtre, qu'aucune crainte de la mort ne nous fera changer; et le feu, ni aucun autre genre de mort que ce soit, ne nous épouvante point.
Quant à ce qui regarde votre resolution, et ce que vous dites que nous n'avons point de vivres, sachez que nous avons ici beaucoup de tuiles, et que quand la provision nous manaue, nous savons nous nourrir de tuiles bien broyées*. »
M. de Termes loua fort leur dire et valeur.
Toutesfois, leur ayant encore remonstré leur mal, ils y songèrent et se rendirent; et il les prit à mercy, et les renvoya sains et sauves.
I . Cavalleros, qualesquiera que fuereis, todos como somos besamos vuestras manos muchas veces, por el buen partldo y voluntad que de libraraos de muerte nos habeis mostrado. Y quanto à rendirnos, y servir al rey de Prancia, el es tan bueno que no le faltarâ qufen le sirva ; y nosotros tant leales al nuestro, que ningun temor de muerte nos hariâ variar;.y no nos espanta el mego, ni qualquiera otra muerte. En lo que toca à su intento, y que decis que no tenemos que corner, sabed que acà tenemc<: abundancia de ladrillos, y siempre que à los Espanoles ^ta la provision, con estos bien molidos nos sustentamos.
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Il ne faut point doubter pourtant Qu'ils ne mangèrent à l'extrémité de ces tuilles broyées, ayant demeuré là tant de temps et si longuement, tant ils sont patiens de la faim entre autres vertus militaires. Et ne faut point doubter qu'ils n'eussent volonté de se rendre, car ils n'en pouvoient plus : mais il falloit avant qu'ils fissent ceste rodomontade, et bravassent, tant ils sont coustumiers de braver, aussy bien en leur prospère qu'en leur adverse fortune; et telle est la vertu de tels généreux.
En ceste guerre et la battaille de. Sienne, faicte entre le seigneur de Strozze et le marquis de Marignan. les Espaignols donnèrent réputation à Astolphe Baglion d'y avoir très bien faict; si bien, disoient-ils, « qu'il faisoit un si grand carnage des ennemis, qu'il n'en touchoit aucuns avec son epée tranchante qu'ils ne laissassent la vie entre ses mains par la délicatesse de son tranchant * » .
Ils louèrent bien autant là mesmes « un capitaine nommé Léon, et un autre nommé Espinosa, qui faisoient un si grand carnage
Ï)armi les 'ennemis, que leurs pieds ne fouoient autre chose que des hommes morts de part et d'autre* ».
Un soldat espaignol du prince de Parme, durant ces guerres, ayant esté pris des nostres,
1 . Que tan grande estrago en enemigos hacia, que no topaba hombre con su espada cortadora, que â la dulzura de sus hilos no dexase la vida en sus manos.
2. Un capitan Léon y un Espinosa, de los quales era tanto el estrago que en los enemigos hacian, que otra cosa no ha- Uaban entre sus pies, sino hombres muertos de una y otra parte.
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et interrogé par un capitaine des nostres aussy s'il n'y avoit point parmy leurs bandes quelque brave capitaine, et parmy eux qui sceust et voulust tirer quelque coup de picque pour gentillesse contre luy, l'autre lui respondit : « Ouy, par Dieu, if y eh a, et plus que vous n'avez de poils en votre barbe *. »
Un autre, pris vers la frontière de Pjcardie, et mené au roy, tournant de la Franche- Comté après la prise de Cambray, il luy demanda ce qu'on disoit de luy parmy son armée. 'Il respondit : « Rien autre chose, sinon que pour trente mille ducats que vous avez gagnés en Franche-Comté, vous avez perdu Cambray*. » Celuy-là pouvoit dire vray; car, si le roy ne se fust amusé à la Franche-Comté à y faire la patrouille, il n'eust pas perdu Cambray; car sa présence seule eust estonné l'ennemy. Bien est-il vray qu'on pourra là-dessus objecter les prises de Calais et Gujsnes à sa barbe. Cela est vray; mais il faut avoir ouy les raisons du roy qu'on dict qu'il n'a esté bien servi, et qu'il ne vouloit desmordre une place, La Fere, qu'il avoit eue à la fin par sa brave resolution; et si eust faict l'un et l'autre s'il fust esté cru et bien servy.
Quand le prince de Parme vint pour desassieger Paris par le commandement de son roy,
1 . si hay, juro â Dios, muchûs y mas que no hay pelos en sus barbas.
2. No otra cosa, sino que por treinta mil ducados que habeis ganado en la Franche-Comté, habeis perdido Cambray.
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qu'il luy avoit donné exprès, usant de ces propres mots : « Ne faillez d'aller secourir ma ville de Paris », comme la tenant desjà sienne, il assiégea Lagny pour faire à nostre roy desmordre Paris et l'attirer à la battaille ; ce que le roy desiroit fort, et l'autre ne faisoit que le semblant : là où il y eut eu une grand'faute de laisser une telle ville de conséquence pour secourir une bicoque, et quitter un beau champ qu'il avoit à luy desjà, pour aller chercher un autre bien loing pour combattre. Ce prince de Parme donc ayant sceu que le roy disoit qu'il entreprenoit trop de vouloir prendre une ville à sa barbe, et donner une battaille comme il se vantoit, il fit ceste response à quelque prisonnier françois : « Dictesluy que je la luy prendrai, encore qu'elle fust placée sur la pointe de sa moustache '. » Le roy luy fit rendre response qu'il luy opposeroit tant de montaignes de fer qu'il l en empescheroit bien. Le prince répliqua : « Plût à Dieu qu'elles fussent d'or, nous n'en serions que plus riches*. » Inférant par là qu'après avoir porté par terre toutes ces montaignes de fer, qui estoient ses gens armés, et les avoir deffaicts, pour une tant riche despouille ils viendroient tous riches et opulens.
Le dire ne trompa point ledict prince, car