‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeilles (volume 3)Chapitre 81 sur 179 · Motin, motin · texte numérisé non relu

Motin, motin

2. A fdera, à fuera, los gusmanes I Apartense, porque nos qitaremos amotinar.

158 Rodomontades espaignolles.

Entre les plus signalés amutinemens que j'ai o\iy raconter parmy eux*, ce fut celuy qu'ils nrent en Sicile à Ferdinand de Gonza- ^ gue, en estant visce-roy. La première source

1 en vint de la Collette, et pouvoient estre bien

' près de quatre mille. Mais Bernardin de Man-

dozze, gênerai des galleres de Sicile, en prévoyant le danger, y remédia de bonne heure; car, s'ils se fussent ralliés avecques les Allarbes* et les Mores, la Collette, Thunis, et tout de par delà, alloit très mal pour l'empereur. Par Quoy, soubs belles promesses et paroUes qu'il leur fit, il les chargea tous sur les galleres et navires, et les trajetta en Sicille, où estans et pensans toucher argent, n'en touchèrent pas une maille : et alors ce fut pis que devant, car ils firent mille maux, prindrent des villes, tinrent les champs, rançonnèrent et pillèrent tout le monde; enfin ils firent le diable. Ils avoient esleu par-dessus tous, d'une mesme voix, pour chef, un certain Heredia, parce qu'il estoit fin, subellin' et surtout fort éloûuent, et qui parloit d'or; car il avoit esté a'autres fois moyne bien preschant, et avoit quitté le froc pour porter les armes. Il avoit pour compaignon un Mont-Dragon, Navarrès, qui advisoit sur la criminallité*. Pour fin de

1 . M. Lalanne a constaté que ce récit de révolte provient de Paul Jove, et non d'un récit de soldat.

2. Les Arabes. Dans Allarbe, qui est le mot espagnol, le substantif al a été conservé, et arbe n'est que l'abréviation d^arabe.

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