El rey no esta aqui bien seguro de los caiionazos
i68 Rodomontades espaignolles.
a Le roy est ici plus en seureté que vous autres n'estes dans Amiens. » Puis ayant commencé leur pourparler, la première chose qu'ils demandèrent, « parce qu'il est raisonnabfe, dirent-ils, que les choses célestes soient traitées les premières * », fut que l'on ne touchast point à la sépulture de don Hernandille, et qu'elle ne fust point rompue ny démolie. Le roy leur respondit gentiment : <c II est raison que la sépulture de don Hernandille* soit demollie et rompue, puisqu'il a fait rompre et demollir les murailles de ma ville d'Amiens, d Ils demandèrent après « le sac de la ville* », demande certes très irraisonnable et très impudente, et mesmes à un tel roy, qui leur respondit bravement : « Et comment! une chose que vous avez desjà pillée il y a longtemps, la demandez-vous? » Ils jurèrent aussy tost qu'ils n'y avoient jamais touché. A quoy le roy aussy tost répliqua bravement : « Puis donc qu'elfe n'a esté pillée en mon absence, à vostre advis, si je permettrai qu'elle le soit en ma présence.'* » J'ai mis ces trois articles non pour belles rencontres de l'Espaigilol, ny pour grandes rodomontades, si non la dernière pour demander le sac, mais pour les gentilles responses de nostre roy, qui est fort subtil en beaux dires et gentilles responses et fort courtes, s'il en fut onc. J'espère en dire
1. Porque (dirent-ils) es razon que las cosas celestiales vayan primero.
2, Fernandello Porto-Carrero, gouverneur d*Amiens, tué le } septembre ijçy.
j. El saco de la villa.
Rodomontades espaignolles. 169
aucunes en sa vie'. Enfin la capitulation fut faicte et bien gardée, à l'honneur de nostre roy. Que s'il ne fust esté généreux et miséricordieux, il les tenoit tous la corde au col, [)uisque le cardinal d'Austrie avoit failly de es secourir.
Si faut- il que je die Quelques gentilles rencontres et rodomontades qui touchent les dames.
Lorsque la reyne vint à Rayonne*, de toutes les Espaignolles qu'elle avoit, elle n'en mena aucune avecques ses Françoises que Magdeleine de Giron, fille de la comtesse d'Iraigne, dame d'honneur de ladicte reyne. Elle y mena bien aussy la segnora Sofonisba, Italienne, damoiselle cremonoise, belle et honneste fille, et douce, qui avoit tout plein de vertus, et sur-tout qui sçavoit bien peindre et pourtraire au naturel. Les autres filles en Espaigne bien faschées pour ne se trouver en telle et si belle festé, qui eussent bien certainement paré la cour, car il y en avoit de belles, et entre autres ^eonor de Tolède, qui estoit très belle,