Elle n'a point paru
2. On en peut voir les détails dans les Mémoires et lettres de Marguerite de Valois (Paris, Renouard, 1842, in-8«, p. 8 à 10.) Le jour des plus belles fêtes : « la fortune envieuse n'en pouvant supporter la gloire, feit orager une si grande plnye et témpeste, que la confusion de la retraicte qu'il falloit faire la nuit par batteaux, apporta le lendemain autant de bons contes pour rire, que ce magnifique appareil de festin avoit apporté de contentement. » (Consultez le Reciuil des choses notables qui ont été faits à Bayonne à l'entrevue du roi très chrétien Charles neufieme,.. Paris par Vascosan 1566, in-i2. — Pièces fugitives pour servir à l'histoire de France. Paru, 1759, in-4% 1. 1.)
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et qui eust possible effacé le lustre de ladicte Magdeleine de Giron; dont elle fut bien ayse de quoy ne vint pour ce subject. Je ne desduiray les raisons pourquoy ces belles filles ne vindrent point, pour ne servir en rien à nostre conte.
Geste donc belle Magdeleine parut très })elle; aussy le pensoit-elle bien estre, tant elle estoit arrogante. Si bien, moy devisant un jour d'elle et de sa beauté avec un certain cavallier espaignol, il me dict, par un certain desdain et despit : « Laissez-la. monsieur. Je vous jure qu'elle est si orgueilleuse, à cause de sa beauté, que si le ciel s'abaissait et se
[>rosternait à ses pieds, elle ne daignerait pas ui dire de se relever, et de se remettre en sa place'. » Voylà une parole bien arrogante, et plaisante imagination, de se figurer le ciel descendre de son lieu pour s'humilier à elle. Telles paroles sont auasi semblables à celles que jadis tinrent nos braves chevalliers françois, qui allèrent en Hongrie soustenir les Hongres contre les Turcs, conduicts par ce vaillant Jehan duc de Bourgongne, et par le mareschal de Bouciquaut; lesquels, trop bouillans, presumans trop d'eux, disoient par tout que leurs lances n'estoient pas seulement bastantes pour deffaire tous les Turcs et les battre, mais, si le ciel vouloit descendre sur eux pour leur faire guerre, l'empescher par
I. Dexadla, senor. Juro à Dios que es tan brava y orgu- Uosa por su beldad, que si el cielo se abaxase y se arrodillase delante sus pies, no dignaria dedrle que se levantase y se volviese à su lugar.
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le soustien de leurs bois et lances au'il ne descendist, et le tenir en Pair comme il estoit. Mais pourtant le malheur fut tel que leur rodomontade ne porta feu; car, sans avoir affaire au ciel, ils furent tous desconfits et deffaits par les hommes *, comme on peut voir par nos Chroniques françoises.
J'aymerois autant d'un capitaine espaignol allant en un combat, et animant ses Soldats ; et louant leurs forces, il leur dit : « Je vous jure que si le ciel s'abaissoit nous le pourrions soutenir avec nos bras'. » Si ce brave eust faîct ce coup, il fust esté estimé un second Atlas, qui soustenoit le ciel de ses espaules. Quel fardeau ! encor que j'aye ouy dire à un vieux resveur de pjiilosophe que rair est fort léger, et que le ciel, qui en participe, l'est aussy. Je coupe là, craignant que, pour voiler trop haut, je ne vinsse à tomber comme fit Icarus; car le parler m'en est aussy estranger et incogneu que le haut allemand ; ny ne veux non plus l'apprendre, ny la science et tout, doubtant de mon cerveau débile et peu capable pour y advenir.
Or, pour retourner à ceste belle Magdeleine de Giron, bien qu'elle fust altiere, elle n'estoit pourtant trop ennemie de l'amour, et ne refusa point d'estre servie (comme toute belle et gentille dame ne doit faire ce refus) de plusieurs
1 . Sur le champ de bataille de Nicopoli, où Bajazet écrasa la noblesse française conduite par Jean Sans peur, alors comte de Nevcrs, et par le connétable Philippe d'Artois (i 396).
2. Voto à Dios, que si el cielo se cayese, le hemos de teher con los brazos.
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honnestes cavaliers, et mesmes de M. d' Amville, aujourd'huy M. leconnestable, pour lors jeune et brave seigneur , qui la servit fort discrettement tant que le voyage dura, et en porta les couleurs jaunes et tannées. Il y eut pour lors un gentilhomme françois, bien honneste et galant, oui, le jour de la procession du sacre *, ainsy qu elle marchoit (luy advint de faire un faux pas), ce gentil homme s'advance aussy tost pour la redresser et luy ayder. Elle le renvoya bien loing, avecques un certain desdain et rabrouement, disant : « Jésus ! Et quelle courtoisie françoise*! » Elle estoit bien vrayment desdaigneuse et glorieuse de rendre le mal pour le bien, et payer la courtoisie par la discourtoisie. Le gentil htjmme luy eust bien rendu son change; mais il n'osa, pour le res-
[)ect de la reyne sa maistresse, qui le sceut, et uy en fit une remonstrance.
Au bout de quelque temps elle fut mariée avecques un grand seigneur d'Espaigne, dont j'ay oublié le nom, qui fut après vice-roy aux Indes. Ainsy qu'elle l'y alloit trouver avecques la flotte ordinaire, son vaisseau, avecques deux autres, s'estans escartés vers l'isle de San-Domingo, un gentilhomme françois qui s'appelloit M. de Landreau, de bonne maison, vaillant et brave, et homme de mer, ayant armé quelques vaisseaux pour aller en cours et chercher advanture, îaillit à prendre le vaisseau de ladicte dame, et de faict le canonna; mais elle fut secourue de deux autres