Jésus ! Y quai discrecion de Frances I
Rodomontades espaignolles. lyj
vaisseaux qui donnèrent la chasse audict Landreau : et, sans ce secours, il la prenoit, à ce qu'il dist à M. de Strozze et à moy, à son retour; et que, s'il Teust prise, il luy eust faict bonne guerre et toute honneste raison, en luy faisant payer pourtant le tribut de son ancienne arrogance.
Certes, il y a des dames aussy arrogantes en Espaigne comme des hommes et cavaliers ; et l'air du pays le porte ainsy. Aucuns ayment à servir ces femmes et filles de ceste humeur, qu'ils disent ce braves et fières comme des taureaux * » . Aussy dict-on oue chascun^yme son semblable. Si l'on en obtient la victoire, d'autant plus en est-elle à priser : et si l'on en est vaincu, la gloire n'en est pas moindre; ainsy que dit un galant cavallier un jour, et qui portoit pour devise une branche de laurier, avec ces mots : « Les uns le portent comme vainqueur, et moy je le porte comme vaincu ". » Voilà comme tels braves se plaiseijt en leur gloire, et ayment les dames altieres et généreuses.
J'ay veu d'autres fois chanter en Espaigne une vieille chanson, que proprement on appelle la romanccy qui est bien gentille, où l'on introduict une dame se lamentant et s' affligeant de son mary qui estoit prisonnier en Angleterre, et ne le pouvoit ravoir par rançon ne autrement; et, pour ce, elle escrit une lettre au roy d'Angleterre, de sa propre main, et luy