Bravas y fieras como toros
2. Los unos le ban traido por ser vencedor; yo, por ser bien venddo.
mande qu'il ait à le luy renvoyer sain, sauve, et sans danger : autrement, qu'elle luy annonce guerre, et le menace de la luy faire très cruelle par mer et par terre ; et puis, dit-elle : « Que si je ne trouve point de capitaine, je lèverai moi-même l'étendart, et je l'irai planter jus-
aues aux portes de Londres; et si je manque e canonniers, j'irai moi-même mettre le feu à l'artillerie; en sorte que tout le monde dira : Jesùs! quelle femme guerrière * ! » Voilà une brave guerrière, et seconde Marfise ou Bradamante, qui vouloit elle-mesme, par faute d'autre, conduire son armée, planter son estendart sur le haut de la muraille, et servir de canonnier, et bailler feu à son artillerie. La chanson en est fort jolie, et l'air plaisant. Geste dame estoit plus valeureuse qu'une ;, autre, qui usa de paroUes certes généreuses à l'endroict d'un cavallier, pour l'induire à se battre pour l'amour d'elle contre un autre qui l'avoit offensée. Les paroles estoient telles : « Je crois bien, brave cavalier, que vous m'accorderez ma prièrt avec autant de générosité que vous avez de force et de valeur pour me venger de mon ennemi'.» Gentilles paroUes certes, et pour prier et pour louer.
Une belle jeune dame espaignolle ayant esté mariée de irais, et venant de bonne heure à
1 . Que si me falta capitan, yo misma ilevaré la banden^ y iré à poneria hasta las puertas de Londres ; y tambien, si mé falta canonero, yo misma daré fuego à la artilleria ; si que dira toda la gente : < Jésus ! que muger guerrera ! »
2. Bien creo yo, gentil caballero, que no os £altarà virtud para otorgar mi rue^o, asi como os sobra bondâd y valor para lograr la victona de su persona.
Rodomontades espaignolles. 175
estre grosse, qui paradvant, estant fille très hautaine, desdaignoit le mariage bien fort, et disoit: « Que conformément à son courage et à sa gloire, elle ne vouloit s'assujettir à personne * », et que, bien qu'elle y fust contraincte, elle s'efforceroit le plus qu'elle pourroit d'empescher son mary qu'il n'enlevât son pucellage que le plus tard qu'elle pourroit. Son dire ne correspondit point à sa gloire ny à l'effect ; car, bientost après son mariage, elle fut enceinte, et en devint estonnée et honteuse, et fit ce qu'elle peut pour cacher sa groisse", et ne la monstrer que le plus tard qu'elle pourroit. Dequoy s'appercevant un autre cavallier qui d'autres fois l'avoit servie estant fille, fut bien ayse de prendre ceste occasion pour luy en faire la guerre; et, l'ayant un jour abordée, il luy dit « qu'^elle ne fût point honteuse, parce
Jue tout le monde sçavoit qu'en de telles luttes ne pou voit y avoir que de semblables chutes; que cependant on ne s'étonnoit point de la voir confuse, parce qu'elle étoit novice en ce cas, et qu'elle éprouvoit en elle un changement auquel elle n'avait jamais été exposée, et qui était tel, que, quoique son courage, sa vertu et sa gloire fussent bien grands, ils ne pouvoient pas néanmoins résister aux inclinations que la nature avoit données aux femmes» » . Ce caval-
1 . Que no queria ser sugeta â ninguno, segun el valor 7 glorh de su persona.