Voy. Plutarque, vie d'Antoine
Discours sur les Duels. 197
ainsin respondu, mais Peust bien pris aussitost au mot. Pour en parler aussy franchement, Octave, encore que la fortune luy dist estre le monarque de tout le monde, n'estoit pas vaillant de sa personne, ainsin qu'il le monstra en la bataille de Philippes, comme très bien Marc Anthoine le lui sçavoit reprocher. Or bien je pardonne à Octave, puisqu'il n'estoit si vaillant, ny le cœur luy bastoit » pour venir jusques là, ou bien que Pusance n'en estoit telle parmy les grands à Rome, puisqu'elle n'estoit parmy les petits, ou bien qu'il estoit mieux asseuré de son laict, et qu'il auroit bien raison de son homme autrement que sans venir là, et hazarder sa vie à la fortune d'une espée variable et inconstante, ainsin qu'il luy arriva.
Mais s'il faut pardonner à Octave, il ne faut pardonner au dauphin de Viennois* Humbert, lequel ayant faict paix avec le comte Aymé de Savoye, et puis voyant son bon, la vint rompre, sans que le comte y pensast.
Dont ledict comte fasché, soudain luy despescha un roy d'armes, dict Savoye, par lequel il luy envoya un cartel, contenant en somme qu'il estoit un vray infracteur de paix, et que laschement il avoit en son absence envahy ses terres contre' son serment, et à ceste occasion qu'il le deffioit corps à corps, ou puissance contre puissance, et qu'il l'estimoit si grand prince qu'il sortiroit au combat en camp clos pour soustenir son honneur ; autrement il le