‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeilles (volume 4)Chapitre 120 sur 157 · I . Jacques de Balaguier, seigneur de Montsalès · texte numérisé non relu

I . Jacques de Balaguier, seigneur de Montsalès

2Î2 Livre II, Chapitre II.

dont j'ay parlé cy devant.) — « C'en est l'une ce de mes gloires », respondict LigneroUes, « car j'ay suivy un brave et très vaillant capi- « taine en de belles advantures de guerre où « j'ay bien servy mon roy, et appris beau- « coup de luy. J'en ay, avant luy, suivy « d'autres en Piedmont, de moindre qualité « que luy, mais pourtant braves et bons capi- « taines, portant Tharquebuse et la picque « soubs leur charge, dont je m'en sens très « honoré : je ne sçay qui vous avez suivy en « vos jeunes guerres. » — « Ah! mortdieu », dict encore Montsalès, « j'ay des qualitez que a vous n'avez pas. » (Car il avoit l'ordre et la compaignie de gens d armes de M. d'Anebaut, qui mourut à la bataille de Dreux.) — « Si « vous les avez » , respondict Lignerolles, « garce dez les bien ; elles vous font bien besoing. « Quant à moy, je n'en perds que l'attente « d'en avoir autant, car je les mérite fort « bien. Il n'y a qu'un an ou deux que vous « estiez guidon de M. le mareschal de Sainct « André, et moy de M. de Nemours, et le « suis encore, dont je m'en sens autant « honoré que vous pensez estre de vos gra- « des; et si la faveur vous a gaigné le temps, « il ne me peut guieres tarder » , comme de vray, cela luy arriva, car il eust toutes ces charges. Force autres choses se dirent ils, mais voylà les principales; si que je croy qu'ils se fussent battus (sans que nous arrivasmes, le baron de Vantenat et moy, qui allions au lever du roy, et les en gardasmes), bien qu'il fust esté faict un bandon gênerai et

Discours sur les Duels. 2}}

rigoureux sur la vie de ne mettre la main à l'espée, à cause de l'honorable assemblée. Le roy sceut le tout, qui commanda à M. le connestable de les accorder, lequel trouva, à ce qu'ouys dire, que Lignerolles avoit fort bien desmeslé ses comparaisons, et en homme qui sçavoit dire et faire.

Il y eust puis amprès le sieur d'Autefort Paisné*, qui voulut avoir aussy sa revanche à son- tour, lequel avoit esté faict chevallier de l'ordre, de frais, à Toulouse. Par quoy il envoya appeller Lignerolles hors de la ville par M. de La Gastine, très brave gentilhomme, lieutenant de M. de Longueville; à quoy ne faillit Lignerolles, ayant pour son second Nanzay, despuis capitaine des gardes*. S'estans accostez, ils se retirarent à part, et les seconds à part aussy : on ne sçait qu'ils dirent, sinon qu'on les vit despartir sans se battre, et quasy comme amys, dont plusieurs en murmurarent ; car ces appels ne se doibvent jamais despartir sans en venir aux mains, et falloit, comme j'ay dict, vaincre ou mourir, ainsin que la coustume à Naples y estoit formelle, et s'est ainsin fort praticquée.

Du règne de nostre dernier roy Henry 111% fut faict un combat à Paris, en 1 isle de Louviers, entre M. de Sourdiac, dict le jeune Chasteauneuf*, de la maison deRieuxen Bre-

1. Gilbert de Hautefort, lieutenant de la compagnie de Des Cars, gentilhomme de la chambre du Roi (Charles IX). 8 août i$62.

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