Louis, comte de Montafié
3. Desquels était, au rapport de de Thou (livre L), Henri d'Angoulême, le fils bâtard de Henri II.
4. « Henri III, n'étant encore que duc d'Anjou, avait fait confidence à Lignerolles du dessein qu'avait la cour de se défaire des chefs huguenots par certaine voie qui ne fut pas suivie. Celui-ci ayant fait connaître à Charles IX qu'il savait la chose, ce prince détermina le duc son frère à faire tuer Lignerolles plus tôt que plus tard, de peur que par son babil
Discours sur les Duels. 257
En quoy doibt on bien prendre garde quand on tue un homme mal à propos, en supercherie et advantage, car guieres n'a on veu de tels meurtres et de telle sorte, qu'ils n'ayent estez vengez de bille pareille *, par la permission de Dieu, lequel nous a donné une espée au costé pour en user et non pour en abuser. Il est donc meilleur et plus juste de desmesler ses querelles par beaux appels et honorables combats, que par ces assassinats ; et qui sera l'homme tant religieux et cérémonieux soit il, qui voudra peser l'un et l'autre, ne trouve qu'un meffaict n'est si grand que l'autre? Je desbattis un jour ceste dispute à un grand personnage théologien , qui certainement m'advoua que Dieu estoit grandement offansé en tous les deux mefFaicts ; mais un assassinat, un guet à pand, est irrémissible, mesmes envers nos grands juges et sénateurs de nos cours , comme nous en voyons tous les jours de très rigoureuses punitions. Je me suis un peu trop perdu en
les huguenots ne fussent advertis de ce qui se tramait contre eux. * (Le Duchat.) L'explication de Le Duchat est des plus invraisemblables. Les Mémoires.de Tavannes font connaître la vraie cause de sa mort : — « La petite faveur de Lignerolles chassée par la plus grande de Villequier dé chez M. d'Anjou, il se donne au roy Charles imprudemment, discourt aux dépens de la Royne mère, luy propose de sortir de tutelle. Sa Majesté, non capable de ce grand dessein, le redit à sa mère, laquelle, d'accord avec ses enfants, le fit tuer. » Le grand désigné par Branthôme comme auteur et fauteur du meurtre de Lignerqlles, est Henri III, qui n'était encore que duc d'Anjou.
I . De même manière ; comme on dit aujourd'hui payer de même monnaie.
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ceste disgression, pour avoir esté un peu longue ; mais pourtant n'aura estée mauvaise, et possible aura pieu à aucuns.
Et pour reprendre nostre chance première du discours sur les combats des grands, je fairay ce conte que j'ay leu en partie dans le roman de Bavard * et l'autre dans un livre espaignol ; qu est que le matin du jour de la battaille de Ravanne, ainsin que toute l'armée passoit au delà du canal, M. de Bayard dict à M. de Nemours son gênerai : « Monsieur, « allez vous un peu esbattre le long de ce « canal, qui est beau et plaisant, en atten- « dant que tout ayt passé. » A quoy M. de Nemours s'accorda, et prit en sa compaignie une demi douzaine de ses grands capitaines qu'il avoit avec luy, comme messieurs de La Palice, de Bayard, d' Allègre, de Lautrec et autres ; et en se pourmenant, il dict à M. de Bayard : « Monsieur de Bayard, nous sommes « icy en belle butte pour les harquebusiers « s'il y en avoit de cachez derrière ces « hayes d , et sur ces propos vont adviser une troupe de vingt à trente chevaux qui venoient pour recognoistre l'armée, entre lesquels estoit dom Pedro de Pas, capitaine de tous les genetaires *. Si s'advança M. de Bayard de la troupe, de vingt ou trente pas, et les saluant, leur dict : « Messieurs, vous vous esbattez « comme nous en attandant que le grand jeu « commence; je vous prie qu'on ne tire point « de vostre costé et nous ne tirerons point du