Genetaires, chevau-légers
Discours sur les Duels. 239
« nostre » , ce qui fust accordé. Sur ce dom Pedro luy demanaa qui il estoit,et il se nomma par son nom ; quand il entendit que c'estoit le capitaine Bayard qui avoit laissé tant de nom au royaume de Naples, fust fort joyeux de le véoyr, et luy dict : «Ha! monsieur dfe Bayard, « je ne vous pensois pas là ; toutesfois encore « que je trouve vostre camp renforcé de deux « mille hommes de vostre venue et présence, « si est ce que je me resjouys grandement de « vous voir sain et sauf; car on nous avoit « dict que vous estiez mort, à la reprise de « Bresse^, d'une grande blesseure que vous y « receustes (comme il estoit vrai) ; mais Dieu <( soit loué qu'il n'en est rien. Que pleust à « Dieu y eust il une bonne paix entre nos « roys, afin que nous puissions nous pratic- « quer et deviser ensemble comme bons amys « et compaignons d'armes, vous portant certes « plus d'affection qu'à tous les François, « pour vos grandes vai Hantises qui raisonnent « encore au royaume de Naples. » M. de Bayard, qui estoit fort courtois, luy rendit en cela son change au double, avec un fort honneste remerciement. Si regardoit dom Pedro qu'un chascun portoit un grand honneur à M. de Nemours, et demanda à M. de Bayard qui estoit celuy là si superbement vestu, à qui tous eux portoient si grand honneur et révérence; car il estoit armé richement de toutes ses armes, fors l'habillement de teste, et par dçssus ses armes tant dorées que rien