Henri de Navarre
7. Déclaration du roy de Navarre contre Us calomnies publiées contre luy, ij8$, in-8».
244 Livre II, Chapitre IL
les autres n'eussent nullement refusé le combat, auquel, s'ils fussent venus, se fussent bien battus, car ils estoient quatre braves princes, et vaillans combattans.
Il fust un bruit sourd à la cour, du règne du roy François second, que le roy de Navarre * mal content de quoy il ne tenoit le rang près la personne du roy, comme luy appartenoit, vouloit en faire de mesme et présenter le combat à M. de Guyse*, et prenoit pour son second M. le prince de Condé, qui dès la journée d'Amboise, en vouloit à M. de Guyse : nos histoires en disent le subject.
M. de Guyse estoit tout prest de l'accepter, je sçay bien ce que j'en ouys dire à un grand, et avoit pris pour son second M. le grand prieur de France « son jeune frère, très brave et vaillant prince, dont j'en parle ailleurs; le choix n'en estoit poinct mauvais parmy ses autres frères. Il faut présumer que ces quatre vaillans champions, entrans dans le camp, eussent rendu un combat très furieux. Les choses n'allarent point plus advant, pour les raisons que je dirois bien.
Sur quoy je feray encore cette petite digression : que lors dudict règne du roy François second, vinrent à la cour, à Sainct Germain, la plus grand' part de ses grands capitaines et chevalliers de son royaume par son
1. Antoine de Bourbon. Il estinutile de faire observer qu'il n*y a rien de moins probable que ce projet de duel entre si grands personnages.