I. 24 août
Discours sur les Duels. 247
la royne mère, qui fist là un grand coup, car il y eust eu là de grandes brouilleries; j'en parle ailleurs.
Nous lisons dans V Histoire de Naples * et ailleurs, comment ce brave Charles !•% roy de Naples et de Sicille', et Alphonce^, roy d'Arragon, eurent entr'eux grande querelle pour le royaume de Sicille et pour ce s'assignarent le combat par le consentement des deux parties et ordonnance du pape devant Bourdeaux, estant pour lors au roy d'Angleterre, duquel il voulut estre juge, et leur permit. Charles, courageux François, ne faillit dans le temps assigné, ayant traversé toute l'Italie et la France, avec toutes les condictions et trouppes de gens ordonnez par le juge, de se trouver de bon matin au jour qu il falloit, et là attendre son ennemy le matin jusqu'au soir ; et voyant qu'il ne venoit point, et se faisoil tard, ny sçachant nouvelles autres de son ennemy, ayant envoyé de toutes parts, il s'en alla et reprint son chemin par où il estoit venu. Mais Alphonce, qui estoit un fin et caut Espaignol, avoit faict dresser des postes et mettre des chevaux de relais et frais, si secrettement que nul n'en sceut rien, ny s'en apperceut, prit la poste, fist si grand'^^ dili-