I. Épées bien affilées et aiguSs
jo Livre II, Chapitre II.
ainsin, la victoire egalle en perte et en bien. Telle brave response firent ces deux braves cousins espaignols (desquels j'en parle ailleurs) à Scipion TAffricain * en Espaigne, lesquels tous deux contandans à une mesme seigneurie que tous deux disoient leur appar* tenir, concertarent ensemble de la débattre par les armes, et entrer en camp. Et ainsin que Scipion (tout courtois et bon qu'il estoit) leur pensa remonstrer qu'estant si proches, il valloit mieux s'en remettre à des arbitres et juges, sans en venir là : « Non, non » , luy respondirent ils, « en cela nous ne voulons « recognoistre autres dieux ni autres juges <c que le dieu Mars et nos espées. » Or, d'autant que ce combat de ces Florantins est signalé, j'ay bien voulu mettre leurs noms, tant des vaincus que des vainqueurs, car les uns et les autfes sont dignes à louer. De ceux de dedans, l'un se nommoit Dante Castellan*, et contre liiy combattoit, par ceux de dehors, Bertinello Ballandin ', qui combattoient d'un costé du camp ; de 1 autre costé combattoit le compaignon de Dante, du dedans, Ludovico Martelly, contre son adversaire Juan Bombin. Pour fin, Dante vainquit Bertinello, et, sans disposer en rigueur de sa personne, le laissa là et s'alla assoir; ne luy estant loisible d'ayder à son compaignon (ce qui est à noter) il s'assist fort bien pour veoyr
1. Plutarque, Vie de Scipion l'Africain, chap. xii, et Tite-Live, livre XXVIII, chap. xxi.