‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeilles (volume 4)Chapitre 132 sur 157 · Bourg-Déole ou Bourg-Dieu, à i kiKde Châteauroux (Indre · texte numérisé non relu

Bourg-Déole ou Bourg-Dieu, à i kiKde Châteauroux (Indre

2$4 Livre II, Chapitre IL

formé; c'est un abus^ Les deux années, voyant ces deux roys ainsin tirer leurs espées nues, pensans qu'ils se deussent battre, commencèrent à s'esbransler et marcher l'une contre l'autre, mais aussitost allarent au devant pour leur commander de ne bouger et reculer, ce qu'elles firent; et puis eux s'estans retournez en leur lieu, achevarent leur parlement si bien et beau qu'ils s'arrestarent une bonne paix, et s'en retournarent bons amis audict lieu de Bourdedieu, rendre grâces à Dieu et à Nostre Dame, en l'abbaye dudict lieu. Voylà une gentille advanture, et très heureuse rencontre, et bonne issue. Si nostré roy et l'empereur en eussent pu faire de mesme, ce fust esté un grand miracle de Dieu, et qui eust apporté plus d'heur que s'ils fussent venus aux mains et se fussent entretuez. Nous avons, pour laisser les grands princes et roys, mais pour venir à de grands capitaines, le deffy que feu M. de Langeay, lieutenant général du roy en Pied mont, envoya à M. le mar- Quis del Gouast, lieutenant aussy gênerai de 1 empereur en sa duché de Milan, et ce sur la négative que faisoit ledict marquis de la mort et massacre de Caesar Fregouse et Rincon*, sur Tesin, dont l'accusoit fort et ferme M. de

1. Voy. J. Bouchet, Annales d'Aquitaine, partie III«, année 1196.

2. César Fregose et Rincon étaient envoyés par François I*"" à Venise et à Constantinople pour négocier un traité d'alliance contre l'Empereur. Ils furent assassinés à la frontière du Milanais et de la république de Venise par ordre du marquis del Vasto, selon l'opinion la plus accréditée, afin de

Discours sur les Duels. 2$$

Langeay, et lui vouloit prouver par les armes, et vouloit entrer en camp sur ceste querelle. Et d'autant que ledict marquis y faisoit quelque difficulté, ledict M. de Langeay le voulut faire appeller devant la chambre, imperialle ainsin qu'ils envoyarent leurs manifestes, qui se voyent en aucunes de nos histoires françoises, italiennes et espaignolles, et là demander le combat, ou bien en cas de reffus demander luy estre faict raison sur un acte aussy villain, d'autant qu'il touchoit à toute une chrestienté d'avoir ainsin viollé le droict des ambassadeurs; laquelle façon de procéder le grand roy François approuva très belle, et en fust fort content, ainsin que j'ay ouy dire à feu M. le cardinal du Bellay son frère, qui en parle mieux que les livres; mais mondict sieur de Langeay mourut sur ceste opinion et entreffaicte, dont n'en fust pas marry le marquis,, car il estoit fort coulpable, voyre autheur, ainsin que le croyoit tout le monde. J'en parle ailleurs '. Ce combat estoit de grand à grand, et de gênerai à gênerai.

Ce brave M. de Montmorency, non encore connestable, mais grand maistre de France, en fist de mesmes à l'endroict du connestable de Castille, devant Fontarabie, lors de la dellivrance de messieurs les enfans de France',

s'emparer des dépêches dont il les croyait porteurs. Ce meurtre eut lieu pendant une trêve entre l'Empereur et la France, en 1541.

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