‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeilles (volume 4)Chapitre 88 sur 157 · Ce manuscrit n'a pas été retrouvé · texte numérisé non relu

Ce manuscrit n'a pas été retrouvé

2. Je suppose que Branthôme fait allusion aux excitations données aux mignons de Henri III, et aux duels où ils s'engagèrent pour plaire au Roi.

176 Livre II, Chapitre II.

tresfois, tesmoingt celuy de Carouge, que j'ay dict, et force autres.

Force combats se sont faicts d'autresfois aux terres de Tesglise, comme je l'ay veu la première fois que je fus jamais en Italie, le pape les sçachant, voyre leur accordant; et les seuretez y estoient plus grandes qu'aux autres terres. Cela y a esté commun, mesmes qu'ils en ont ordonné plusieurs combats parmy des grands, comme celluy du roy Charles d'Anjou et d'Alphonce, roy d'Aragon, si bien que le pape en excommunia le roy d'Aragon. Je ne sçay si c'est pour faute de ne s'estre trouvé au lieu assigné, ou pour autre sujet. Tant y a que cela se trouve escrit aux histoires de Naples. Je sçay bien qu'un prescheur du roy' prescha publiquement, amprès le combat de Antraguet et Quielus, que ceux qui estoient morts là estoient damnez, et les vivans pas guieres mieux, s'ils ne s'admandoient. Voilà un grand jugement donné d'un humain, comme s'il en eust receu belles lettres, et aussy que Dieu ne veut que l'on condamne, afin qu on ne soit condamné. Je m'en raporte de tout cela aux gens plus saincts religieux, et plus théologiens que moy. Mais tant y a, si tels combats ne sont si chrestiens que l'on diroit bien, pour le moins sont ils très poUitiques et justes, et veux dire estre très nécessaires, et que, puisque de deux maux il faut choisir le moindre, j'arguë qu'en tels combats, il n'y a que deux ou trois au plus qui meurent, au

I . Maurice Poncet, curé de Saint-Pierre des Arcis. Voy. l'Estoile, 1 578, 27 avril.

lieu que j'en ay veu en nostre cour, advant nos apels, si un avoit une querelle contre un autre, falloit que tous deux fissent plus de quadrilles * et amas de gens de leurs amys, de soldats, d'enfans de la mathe', d'espadassins et d'autres, si bien que, se rencontrant ou dans une rue de Paris ou d'autre ville, quelquesfois à la cour, mais cela peu souvant, car l on craignoit la Majesté et son prevost de l'hostel, quelquesfois aux champs et là se rencontrans se tuoient ou s'extroppioient les uns les autres comme mouches et bestes.

Cela ay je veu souvant à Paris; mais surtout je l'ay veu à Milan, où la dernière fois j'y fus, tournant du secours de Malthe, j'y demeuray un mois, tant pour veoyr la ville (qui est des plaisantes d'Italie) que pour apprendre à tirer des armes, du grand Tappe, très bon tireur d'armes alors ; mais je jure que tant que j'y fus, il ne se passa jour que je ne visse une vingtaine de quadrilles de ceux qui avoient querelles, se promener ainsin par la ville, et se rencontrans se battoient, se tuoient, si bien qu'on en voyoit sur le pavé estendus en place une infinité, encore qu'ils fussent armez de giachi^ maniche, guanti di presa e segreta in testa^. Et voyoit on plus de gens sortir des boutiques avec armes d'ast*, pour les séparer, qui

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