‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeilles (volume 5)Chapitre 141 sur 164 · Voy. vol. VI, p. 98 et suiv · texte numérisé non relu

Voy. vol. VI, p. 98 et suiv

2. Mot tiré peut-être de Rabelais, qui appelle ainsi un chanoine fourré de son hermine ; on a dit peut-être avant lui, faire du grobis, pour faire l'important.

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vouloit demander une paroUe et le quereller.

Il fut si estonné qu'il ne sceut que respondre, sinon de tirer et monstrer son ordre qu'il avoit caché, et dire : « Que voulez vous faire.? « Voylà qui vous garde de vous attaquer à « moy, ne le respectez vous point.? » Mais l'autre n'y portant respect ny demy, s'en mocqua, et le dauba très bien ; et pour toute revanche il dict qu'il s'en plaindroit au roy et au chapitre la première fois qu'il se tiendroit, pour avoir ainsin offancé l'ordre. J'ay cognu celuy qui fist le coup et celuy qui 1 endura. Tels et semblables gens et chevalliers ne fairoient à grand peine ce que fist M. de Guyse le dernier mort et tué à Bloys, l'année que le roy Henry Iir tourna de Pouloigne, lequel estant allé à la chasse un jour au bois de Madric^, avec toute sa cour (j'y estois), M. de Ouyse avoit quelque chose à demander à M. de Bussy, qui venoit lors du siège de Lusignan *, où il avoit esté fort blessé en très vaillamment combattant selon sa coustume.

Ainsin que la chasse se faisoit, M. de Guyse prand M. de Bussy à part, sans faire rumeur ny semblant d'aucune querelle, ayant commandé à son escuyer de se retirer à part, et ne le suivre sur la vie, et estant bien escarté

I . Le bois de Boulogne actuel. Henri III aimait cette ^litude, qu'il se proposait de modifier en perçant des allées aux carrefours d^uelles il aurait fait élever à ses mignons de magnifiques tombeaux. Il aurait réservé Tun d'eux pour lui-même et projetait d'inviter la noblesse à l'imiter, pour constituer dans ce lieu, avec le temps, un cimetière unique au monde par sa richesse et son étendue.

a. En 1574.

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dans le bois, comme je vis, ny pensant nul mal, il luy demanda (tous deux tous seuls de sa personne à la sienne) la parolle qu'il luy vouloit demander, et pour laauelle il l'avoit appelle; mais M. de Bussy l'en satisfist si honnestement, que M. de Guyse eust occasion de s'en contenter, et luy dire : « Monsieur de « Bussy, je me contente, vous jurant que si « vous ne l'eussiez faict, nous nous fussions « bien battus en ceste place où vous voyez « comme je vous y ay amené en gallant « homme, m'estant despouillé de ma princi- « pauté et des grades que j'ay sur vous, pour « me battre contre vous sans aucune super- « chérie comme vous voyez, m'estant fort « aysé de vous en faire quand je l'eusse « voulu *, mais puisque je suis content je « vous asseure que je vous suis amy autant « que jamais. » A quoy M. de Bussy, qui n'avoit point faute jamais de responces, et surtout en ces choses de combats, luy respondict : « Monsieur, je suis fort ayse que vous « soyez content de moy, vous priant de croire « que ce que j'en ay dict n'a esté nullement « par crainte, car Bussy n'en eust jamais, et « aussy que vous tenant si magnanime et « généreux comme je faicts, je n avois nulle « peur de supercherie de vous, et que vous « ne m'avez pas mené icy pour m'en faire, et « me couper la gorge en brigant, mais pour « me faire l'honneur de me recepvoir et battre « contre vous, ainsin que j'esperois de vostre

I. En faire f euphémisme courtisanesque, pour dire faire du mal, maltraiter.

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a vaillant et noble cœur, et comme le venez « dire; mais quand nous fussions venus là, « advant qu'aller à vous, je me fusse jette en « terre en signe d'humilité que je vous dois « et le bras nud, et la teste nue, je fusse allé « à vous pour m'essayer à vous faire courir « aussy grande fortune comme vous me Feus- « siez faicte courir ; et si j'en eusse eschappé, a je m'en fusse allé jactant* et vantant par <( tout le monde de m'estre battu contre le « plus brave et vaillant prince de la chres- « tienté, et avoir eschappé de ses armes. »

M. de Guyse luy respondict : « Monsieur de « Bussy, je croy ce que vous dites, et n'en « faicts nul doubte, pour la grande asseu- « rance que j'ay et cognoissance de vostre « valeur et courage. N'en parlons plus, je « suis vostre amy; suivons la chasse. » M. ae Bussy luy dict : « Je suis vostre humble ser- « viteur. » L'un et l'autre m'en firent le conte

1)ar les chemins, car l'un estoit de mes meileurs seigneurs et amis, et l'autre estoit mon parent, amy inthime '.

M. son père, feu M. de Guyse le grand, en fist un quasy pareil à l'endroit d'un certain capitaine de par le monde, qui avoit entrepris de le tuer, et s'en vantoit par tout; j'en faicts le conte en sa vie. Le roy de Navarre dernier, Anthoine, ainsin que nous allions au siège de Bourges aux premières guerres et que le roy, la royne, leur cour et leur armée marchoient, ayant veu feu M. de Bellegarde

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