‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeilles (volume 5)Chapitre 144 sur 164 · I . Usière d*un bois · texte numérisé non relu

I . Usière d*un bois

268 Livre II, Chapitre IL

pouvoir faire, M. d'Anjou le dict audict sieur de Bésigny \ qui, fasché d'un tel refus, parce qu'il estoit un peu hautain, dict à Monsieur que, s'il eust voulu, qu'il se fust bien passé', mais qu'il ne ressembloit pas le roy son frère, qui tenoit fort bien et ferme sa parolle, et non

[)as luy. Monsieur, qui estoit lors à table avec e roy, luy respondict en colère : « Besigny, « vous m'offancez par trop. Si j'estois aussy « inconsidéré que vous, et sans le respect que a je dois au roy mon frère, je vous donnerois ce de la dague dans le corps ; mais je vous « advise que vous me reparerez ceste parolle « outrageuse de vostre personne à la mienne, « et que demain matin me despouillant de la « grandeur et altesse que j'ay, je vous fairay « appeller dans la forest, ou je vous fairay « cest honneur de me battre à vous, et par ce a n'y faillez ; autrement je vous tiendray pour « un parleur et mesdisant que vous estes, et « non pour un vaillant. » Besigny ne sçachant que luy respondre, dict : « Monsieur, je « vous supplie me pardonner ; je n'y pensois « pas; je vous suis très humble serviteur », et s'osta de là. Le lendemain Monsieur l'envoya appeler par M. de Vins, qu'il n'eust à faillir ae se trouver au bois, mais il fust conseillé de prendre la poste et s'en aller au voyage de la Morée avec M. du Mayne, que fist dom Joan d'Austrie', où il acquit beau-

Page 1