Balthasar de la Chastre, seigneur de Besi^y
2. Que Taffaire eût bien tourné pour lui, qu'il eût obtenu ce qu'il demandait.
^. L'expédition qui se termina par la bataille de Lépante.
Discours sur les Duels. 269
coup de réputation ; car c'estoit un fort vaillant et brave gentilhomme, et amprès tourna à poinct au siège de la Rochelle, là où Monsieur le receut en grâce mieux que devant, et n'en fiist pour cela mésestimé. Si luy garda il \ bonne pourtant amprès (je le dirois bien) * ; car le morceau estoit trop gros pour luy a digérer, et Monsieur de l'autre costé, fort estimé ae la belle offre qu'il faisoit à l'autre. Tout cela est bon à tous ces grands à jouer ces mystères. ^
Un de ces ans, en la cour de nostre roy, le bal se tenant, le seigneur de Givry*, gentil cavallier certes et fort accomply, ainsin qu'il avoit pris mademoiselle de Grantmont» pour la mener dancer la volte, voicy M. de Soissons* oui la luy prend et la mené dancer.
Givry lalut au'il laissast sa prise et cedast au prince, en disant seulement : « Monsieur, a vous usez en cela du privilège de prince. » Amprès le bal finy, et qu'on se retiroit, Givry qui se disoit un peu serviteur de ladicte damoiselle de Grantmont, ainsin qu'il la conduisoit soubs le bras en sa chambre, M. de Soissons luy voulant quelque maltalent d'ailleurs aussy, ce disoit on, derechef vint et print ladicte demoiselle. Givry luy dict : « Monsieur, vous « croirez s'il vous plaist que je ne l'endu-
1 . L*auteur veut dire probablement que Besigny devint un des ligueurs les plus acharnés.