Charles de Bourbon, comte de Soissons
270 Livre II, Chapitre II.
(i rerois de mon pareil, que nous ne vinssions <c aux mains. » M. de Soissons luy dict :
<c Givry, quand vous voudrez je me desves- « tiray de ma grandeur pour vous en donner « du plaisir au Pré aux Clercs qui est ouvert à « tout le monde. » L'autre luy respondict :
« Monsieur, puisque vous me voulez faire « cest honneur, je l'accepte, et sera lorsqu'il « vous plaira me commander. » Voylà ce qu'on en disoit à la cour. Le lendemain au matin, l'un et l'autre estoient prests pour faire leur partie sans que le roy le sceust *, qui leur envoya faire la defîence, trouvant fort mauvais de quoy M. de Givry avoit accepté le combat, ce dict on ; et d'autres disoient que, puisaue M. de Soissons lui avoit faict ceste honoraole offre, ne pouvoit moins faire que de l'accepter pour le plus haut comble de sa gloire. Dont en cest exemple faut louer grandement M. de Soissons et sa générosité, en voulant s'abaisser \
de sa qualité, pour monstrer la grandeur de son courage.
Or tout ainsin qu'il faut louer ces grands roys et princes de se desvestir de leurs grandeurs pour faire tels honneurs aux petits, il faut aavertir aussy aucuns grands qu'ils n'en abusent point, ainsin que du temps du roy Henry IPil arriva à M. le prince de La Roche sur Ion, prince du sang, et brave et vaillant. Estant à la chasse avec le roy, il voulut braver M. d'Andellot et de paroUes et de faict. M. d'Andellot, qui estoit haut à la main et peu