‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeilles (volume 5)Chapitre 149 sur 164 · I. Arrière-petit-fils · texte numérisé non relu

I. Arrière-petit-fils

Branthôm, VllL 18

274 Livre II, Chapitre II.

d'en faire dresser deux : l'un consacré à la Vertu et l'autre à l'Honneur'.

La Vertu et l'Honneur ont esté estimez de l'antiquité pour dieux très puissans; et quant à l'Honneur, on le faignoit fils de la Révérence (ainsin qu'il se treuve en beaucoup de médailles antiques de la religion) pour dénoter que les hommes de la profession d'honneur eslevez hauts par leurs œuvres vertueuses doivent estre rêverez d'un chascun. Mais pourtant tels chevalliers eslevez en honneur ne doivent point abuser des grades. Voylà en quel honneur sont tenus les chevalliers de chevallerie. Si bien que le roy François, ne se voulant contenter d'estre chevallier de l'ordre, il voulut estre chevallier de chevallerie à la bataille des Suisses à Marignan, par les mains de ce brave chevallier M. de Bayard, qui n'estoit que chevallier d'armes et non de l'ordre encore, comme il le fiist amprès*. Le roy Henry voulut estre faict chevallier de M. le mareschal du Biez, encore qu'il eust l'ordre ; aussy le marquis de Pescayre disoit : Qu'e/ nombre de la guerra ganado con virtud verdadera y con hechos illustres^ era muy mas noble y honrado qu^era el que se ganaba con el jueao de ta fortuna amorosa, à £el sobervio favor de los reyes del mando. a Le nom de la guerre, gaigné par « une vraye vertu et par de nobles faicts, est « plus noble et plus honorable que celuy qui « se gaigne par le jeu de fortune amoureuse, « ou par la superbe faveur des roys du monde . »

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