‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeilles (volume 5)Chapitre 150 sur 164 · Le Loyal Serviteur, chap. lx · texte numérisé non relu

Le Loyal Serviteur, chap. lx

De telles ou semblables parolles M. le connestable sceut si bien débattre la cause de M. d'Andellot, qu'il la luy sceut gaigner devant le roy, et adviser d'un bon appoinctement.

Sur quoy il me souvient qu'aux premières guerres civilles, lorsque nous prinsmes Bloys * sur les hueuenots. M. de Randan qui avoit esté nouvellement estably couronnel de l'infanterie de France, en la place de M. d'Andellot, qui en avoit esté desmis à cause du party contraire qu'il tenoit et qu'on disoit rebelle, pour cela vint à avoir Querelle avec M. de Montbron, troisiesme fils ae M. le connestable, gentil garçon certes, et brave et vaillant s'il en fust onc, et tout pour l'ambition ; car il portoit envie à M. de Randan de cest estât, pensant succéder à M. son cousin M. d'Andellot. Ils vinrent si advant en leurs querelles, qu'ils estoient prests à se battre sans l'empeschement qui y fust mis, et. que M. le connestable en eust 1 advis soudain qui, comme prompt et colère qu'il estoit, s'en despita et se courrouça tellement, que l'esclandre en fust grande en toute nostre armée, jusques à dire que M. de Randan estoit un petit gallant et un mignon de cour, et qu'il dormoit jusques à midy, et luy apprendroit sa leçon et son devoir. M. de Guyse, qui aymoit M. de Randan naturellement (comme certes il estoit aymable en tout), vint trouver M. le connestable en ceste grande colère, et luy remonstrer qu'on ne sçauroit dire autrement

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