‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeilles (volume 5)Chapitre 21 sur 164 · Seigneur Bayard, que me voulez-vous · texte numérisé non relu

Seigneur Bayard, que me voulez-vous

4. En coulant, en effleurant; par coup d'estoc, il ne faut pas entendre un coup de pointe, mais un coup de tranchant de l'arme nommée estoc.

44 Livre !(, Chapitre II.

s'attaindre. M. de Bayard cogneut la ruse de son ennemy qui, incontinant ses coups ruez, se couvroit le visage, de sorte qu'il ne lui pouvoit porter dommage, et pour ce, s'advisà d'une finesse; c'est ainsin que don Alonzo leva le bras pour ruer un coup, M. de Bayard leva aussitost le sien, mais il tint l'estoc en l'air sans jetter son coup, et comme asseuré, quand celluy de son ennemy fust passé', et il peust choisir à descouvert, luy va donner un si merveilleux coup dans la gorge, que, nonobstant la bonté du gorgerin, l'estoc entra dans la gorge quatre Dons doigts, de sorte qu'il ne le peut retirer. Don Alonzo, se sentant frappé à mort, laissa son estoc et saisit au corps M. de Bayard, qui le prit aussy comme par manière de luicte; et se pourmenarent si bien aue ^tous deux tumbarent à terre l'un près de l:autre. Mais M. de Bayard, diligent et soudain, prit son poignard et le mit dans les nazeaux de son ennemy, en luy escriànt : « Rendez vous, seigneur Alonzo, ou vous estes mort. » Mais il n'avoit garde de parler, car desjà estoit trespassé. Alors son parrain, don Diego de Guignonnes, commança à dire : Senor Bayardo,es muerto; vlncido haveys*\ ce qui fust trouvé incontinant, car plus ne

1. Si je comprends bien ce passage, chacun portait un coup à son tour. Bayard leva le bras conune pour frapper ; Alonzo se couvrit d'abord, puis porta un coup. Bayard fit sans doute une retraite de corps, et lorsque Tépée de l'Espagnol eut frappé dans le vide, il lui donna un coup de pointe, tandis qu'il était découvert et avant qu'il pût venir à la parade.

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