‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeilles (volume 5)Chapitre 25 sur 164 · Lisez animal ou âne · texte numérisé non relu

Lisez animal ou âne

^6 Livre II, Chapitre II.

faisoit autre chose que hanter les églises, les monastères, les couvents, faire prier pour luy et se recommander à Dieu, faire ses pasaues ordinairement, et sur tout le jour du comoat, amprès avoir ouy la messe très dévotement.

Du despuis il s'en désista bien, pour accomplir le proverbe : Passato il ponte, gabato il santo >. car il se fist huguenot très ferme. Sur quoy le susdict M. de Sansac, grand capitaine en son temps, lequel, quelquesfois se mettant en ses resveries et discours de guerre, et mesmes sur les chevalliers errans de la Table Ronde, il disoit en jurant et blasphémant aussy Dien que si ce fust esté une chose fort sérieuse et de grand' conseauance, parlant des vaillances de Tristan et de Lancellot du Lac, que Tristan estoit cent fois plus vaillant et courageux que Lancellot, parce que, quand il fallut se combattre, Tristan se nant en sa seule valeur, n'emprumta aucune seule deffence ny assistance de Dieu, sinon de son bon cœur, son espée et valeur ; mais Lancellot ne faisoit que se recommander à Dieu et le prier, dont c'estoit grs^nd signe qu'il n'avoit pas bonne opinion ny fiance de luy, et qu'il avoit peur, et pour ce appelloit Dieu à son ayde pour combattre pour luy. Si est ce qu'il n y a que de se recommander à ce grand Dieu, et avoir en luy sa seule fiance, et non ailleurs. De mesmes en disoit il de feu mon oncle, et du seigneur de Jarnac; et en faisoit pareilles comparaisons. Je me suis un peu extravagué

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