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2. Piutarcjue, Vie de Marais Brutus (chap. xlviii), le nomme Atelhus.
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qui, en ayant consulté son caporal et ses autres amys, luy fust conseillé de demander camp, qui luy fust accordé; et pour ce ayant apprins un mois durant à tirer des armes soubs un bon maistre, luy conseilla de combattre son ennemy en pourpoinct avec Pespée et la dague, et avec un collier d'acier pour mettre au col, bien tranchant, et les poinctes trenchantes comme rasoirs, et picquantes de mesmes y attachées tant par le haut que le bas, si bien qu'il faloit tenir la teste si Haute^ que la baissant le moins du monde, l'on se picquoit estrangement, et si se mettoit en danger de se couper la gorge ; et ceste façon avoit esté invantée assez gentiment pour le jeune homme qui estoit petit, qui pouvoit hausser haut la teste contre le grand et l'aregarder à son ayse, ce que ne pouvoit faire le grand contre le petit, sans se baisser et se couper la gorge luy mesme. Par ainsin le
f)etit en deux coups d'espée tua son ennemy brt aysement : tout cela fust débattu pourtant par les parrains et juges, mais il en falloit venir là; et dit on que la gloire du sergent en fust cause, pour le mespris qu'il fist de n'avoir voulu choisir les armes qui luy appartenoient. On dira ce qu'on voudra là dessus; mais c'estoit un grand abus que ce collier, mais pourtant gentiment invanté pour le jeune homme, en faveur de sa petite taille contre la grande et haute de l'autre.
Une chose faut il bien noter, que j'ay veu en Italie plusieurs duellistes en donner advis, que si le cartel porte ces mots : « de com-
Discours sur les Duels. 75
battre avec armes usitées et non usitées parray gentilshommes et cavailiers », qu'il faut débattre au commancement et par escriture et cartel, ou disputes de confidans, ces mots de « ces armes non usitées » ; et surtout respondre par ce mot : « mais qu'elles soient recevables par dire de cavailiers d'honneur et de juges très capables en ces choses et poinct suspects » ; car, si vous ne les débattez, et puis amprès quand on sera dans le camp qu'on les veuille débattre, vous n'v estes plus receu, puisque vous avez accepté le cartel, et y avezconsenty : et par ce, faut prendre telles armes inusitées qu on vous présentera. En cela il y a bien de la raison, que je laisse aux plus entendus desduire mieux que moy. Voylà pourquoy il faut estre subtil et advisé en ces choses là, et à y bien respondre, et se donner garde en recevant les cartels de vous brider*.
Pour parler d'un autre abus (mais non si grand) fust un combat faict en Italie de deux gentilshommes romains, dont celuy à qui touchoit l'eslection, la donnation et livraison d'armes, donna à son ennemy pour les armes offencives des armes toutes couvrantes le corps, dès le cap jusqu'aux pieds, fors qu'au costé du coeur il y avoit une ouverture dans les armes, large deux fois plus que la paume de la main ; et celuy qui les donnoit avoit l'espace d'un an (car pour lors les combats et subterfuges s'allongeoient plus que
I . De vous engager à votre désavantage en acceptant les propositions de votre adversaire.
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cela, voire plus de deux ans), appris contre son raaistre, tous deux estans armez de pareilles armes, à ne tirer Tun contre l'autre, sinon dans le trou ouvert ; de telle façon qu'il apprist si bien son disciple, qu'il donnoit si dextrement dans le trou du cœur et si asseurement en apprenant, que venant à bon escient, il ne laillist jamais du premier coup donner dedans et luy percer le cœur, et le tuer par conséquent. Encore n'y a il si grand abus et supercnerie tant que l'on diroit bien. Sur quoy faut estimer une grande fidellité ancienne, cependant qu'il m'en souvient, des maistres qui apprenoient leurs disciples pour combattre, que jamais ils ne les trahissoient, ny revelloient leurs leçons, fust à leurs plus grands amys qu'ils eussent, encore qu'on taschast à les corrompre par argent, ou dons, ou en toutes les façons du monde qui peuvent esbranler un esprit, qui est une chose fort à notter, et jamais ne permettoient que, donnant leçon à leur disciple pour ce faict, ame vivante entrast dans la salle ou chambre où ils estoient ; ains visitoient partout, et soubs les licts, voire à adviseï^ si à la muraille il n'y avoit aucune fendace ' ou trou dont ils peussent estre apperceus : car ils estoient curieux de la vie et ae l'honneur de leurs disciples combattans : que dis je, curieux i mais très ambitieux, désirant leur victoire comme pour eux mesmes; car de vray il leuralloit et de leur ambition et de leur nonneur, comme de