I. Antoine Grognet, seigneur de Vassé
Discours sur les Duels. 123
battu, et qui rapporta audict comte beaucoup de réputation : non que pour cela il en ait esté guieres glorieux en son temps, ny pour plusieurs autres vaillances qu'il a faict en sa vie; car c'estoit le plus aoux et gratieux gentilhomme qu'il estoit possible de veoyr, amy où il le promettoit, je le puis asseurer pour moy, et pour me l'avoir monstre une fois. Bref, sa réputation fut si bien divulguée et sa valeur, que la guerre s' estant esmeue entre le Turc et les Vénitiens, un jour ils luy envoyarent, sans y penser, à Paris (où il se tenoit quasy ordinairement, ou à la cour, quand n'y avoit point de guerre) son pardon gênerai et absolution de tout le passé, et une commission {avec force argent) de'couronnel de trois mille hommes et de les lever; ce qu'il fist bien à propos, et non sans grand' peine, car la guerre civille troisiesme estant laillie et la paix faicte, estant fort aymé des soldats et les appoinctant bien, en moins d'un rien amassa ses hommes, encore plus qu'il ne falloit, s'en va à Venise bien receu, voyre adoré; passe en Dalmatie avec ses braves François et quelque peu d'Italiens, où il fait bravement la guerre jusqu'à ce que la paix survint entre le Turc et les Vénitiens, traictée à la sollicitation du roy, par ce grand personnage M. de Dax*, son ambassadeur; et puis, s'en estant retourné en France, et la guerre civille encore rallumée, il mourut devant La Charité, le siège y estant mis*, estant