I . Charles de Contes de Pavant
Discours SUR les Duels. 15
taines, ordonna que les choses n'iroient plus avant; et se contenteroit le baron de la raison, d'autant qu'il y avoit fort à disputer là dessus, pour le doute qu'on avoit de la redition, qu'on n'avoit peu avoir ouy clairement. Pour nn, les deux combattans firent très vaillamment, et le vaincu par amprès ne laissa à se trouver dans de bons lieux pour le service du roy, et mourut honnorablement à l'assaut de Caunis*, assiégé par M. le mareschal de Brissac, et y ftist remarqué pour avoir monté des premiers à la bresche et Jué au plus haut. J'ay esté possible trop long en ce conte ; mais parce Qu'il est beau, je n'y ay rien voulu ouolier, rayant ouy conter à feu M. le vidasme et à d'autres honnestes gentilshommes, partisans tanc d'un costé que d'autre. Par ainsin voyons nous les misérables et ignominieuses peines que les vainqueurs donnoient aux vaincus; car ne faut poinct doubter que si ]a chose ne fust estée un peu doubteuse en ce eombat, que ledict baron n'eust faict brusler son homme ainsin qu'il avoit raison, aussy que Dieu, possible, ne voulut pas pour sa querelle injuste.
Messire Ollivier de la Marche, en son vivant gentil chevallier certes et fort accomply pour les armes et pour la plume, premier maistre d'hostel de l'archiduc Philippes, comte de Flandres, raconte en ses Mémoires* un combat qui fust fait de son temps à Valanciennes oevant le bon duc Philippes, qui est