Pointillés j subtilités
Discours sur les Duels. 165
et pratiques. Les Espaignols aussy, mais non tant qu'eux. Aujourd'huy nos braves François en sont les meilleurs maistres, autant pour la science que pour la pratique de la main. Les Italiens, qui sont un peu plus froids et advisez en ces choses que nous autres, aussy un peu plus cruels, ont donné d'autres fois ceste instruction (comme j'en ay veu aucuns) à ces donneurs et espargneurs de vies, que le plus beau et le meilleur est, quand l'on en est là, de mettre son ennemy en un tel poinct d'extrémité, et, comme dict l'EspaignoI, a tal panto di pelea et di guerra *, qu'il le laisse là estendu, sans pourtant l'achever ny luy donner le dernier coup de la mort, mais très bien l'estropier de bras et de jambes, qu'il ne puisse jamais plus retourner au combat ny luy faire mal, ny dire qu'il ne luy a poinct donné la vie. De donner encore et de plus une grande estaffilade sur la naze' et le visage, disoient ils, n'estoit que bon pour servir de mémoire ; si que l'ayant mis et réduit à telle dernière mercy, il ne craigne luy arriver ce qui arriva à un brave et vaillant gentilhomme de la cour, et du temps du roy Henry 11% lequel l'avoit bien en ses guerres bravement et vaillamment servy, et qu'on le tenoit à la cour pour un fendant et un bizarre ; ainsin qu'il portoitla plume' de telle