I. Du vieuz.verbQ ranuntevoir : ramener en mémoire
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prestayaufilsaisné, M. Danville mon nepveu, à la Cour, à Paris, à sa grande nécessité, dont j'en ay cedulie en mon petit coffre d'Allemaigne, ou elle s'y trouvera. Que si on en demande les interests desdicts trois cens escus rabattus, bien qu'on ne m'en aye sommé jusques icy, faut rabattre aussy et desduire sur les deux cens escus de M. Danville de mesmes les interests. Mais je pense qu'on ne viendra pas là ; car nous sommes trop proches et bons parens et amis.
Je veux aussy et ordonne qu'on paye à M. du Preau, gouverneur et lieutenant de roy à Chastelleraud, la somme de trois cens escus qu'il m'a preste très-volontairement, et qu'on luy en paye ses interests raisonnables. Mais je crois qu'il n'yra à la rigueur, pour l'avoir nourry et eslevé de telle sorte que c'est un des honnestes et vaillans capitaines de la France, et qu'il m'en a ceste ooligation.
Je dois aussy à M. de La Chambre quelques six ou sept vingt livres, que je veux et ordonne luy estre payées, bien que je suis cause en partie de tout le bien qu'il a, pour luy avoir faict espouser sa première femme, qui avoit force bien, et sur-tout force escus.
Pour mes autres debtes, elles sont fort petites, et par ainsy aisées à payer, et que je veux estre bien payées : et crois que, après ma mort, on trouvera encor dans mes coffres, s'il plaist à Dieu, argent assez pour les payer et m'en acquitter, veoir quasy payer tous mes susdicts légats nommés : et, au défaut, faudra vendre de mes chevaux et quelques-uns de
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mes meubles, qui sont tous assee bastans pour me desacquitter, s'il plaist à Dieu qu^il ne m'envoie autre inconvénient.
Or, je ne doubte point que mes héritiers et héritières ne trouvent mes légats et debtes grands et grandes, comme je sçay qu'aucuns en ont faict leurs comptes, les ayant sceu par testament que j'avois faict et passé par Galopin, notaire, que possible i'avoient veu, et disoient que je les chargeois de trop de légats et debtes, et par ce que je ne leur laissois grand part de mon hérédité.
A cela je leur respond et leur dis que je suis libre et franc de disposer du mien comme il me plaist, sans en rendre compte à aucuns, aussy que je leur laisse plus de cinq fois autant, veoir plus, que je n'ay jamais eu de légitime de ma maison, qui ne s'est pu monter à plus haut de treize mille livres, à sçavoir, du père huict mille livres, et de la mère cinq mille livres, comme leurs testamens portent partage : certes, fort peu pour une si grande et noble maison que la nostre ; si que le moindre cadet de Perigord et de Poictou en eust eu et hérité six fois davantage.
De plus, j'ay quitté mon frère aisné, M. de Bourdeille, pour les deux légitimes de met deux frères morts et leurs successions, pour si peu de chose qui ne valoit pas la peine d'en parler, ne voulant tirer de luy ce que j'eusse pu par juste droit : mais je luy ay esté tousjours très-bon frère, et regarde tousjours la grandeur de la maison. J'ay eu aussy grand respect et amitié à madame de âourdeille.
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ma belle sœur et bonne, qui me rendoit la pareille.
De plus, j'ay laissé l'espace de douze ans jouir à mondict frère et disposer de tout mon bien, comme il luy a pieu, dès la mort de ma mère, tant que j'estois jeune et aux estudes, sans la Jouissance qu'il a tousjours eue des bénéfices de Sainct-Vincent lès Xaintes, du doyené de Sainct-Yriers en Limôsin, et du prioré de Royan. Il en a jouy comme il luy a pieu, et en estoit quitte à ne m'en donner que quatre cens livres par an pour mon entretien aux estudes. Lesquels susdicts bénéfices le brave capitaine Bourdeille, mon frère, me donna et resigna, ne les voulant plus tenir, ny estre d'église. Je puis jurer et bien affirmer
3ue mondict frère, M. de Bourdeille, a jouy u reste, qui montoit fort bien le revenu à plus de deux mille livres, et ce, jusqu'à mon retour de mon premier voyage d'Italie, lequel je fis pour une coupe de bois de la forest dudict Yriers, dont le roy m'en donna la permission, et en tiray cinq cens escus, dont j'en fis le voyage sans autre argent : dont bien me servit de le bien mesnager. Et si mondict frère a esté si mauvais mesnager et un peu joueur, de sorte que sqn bien a beaucoup diminué, tant de son vivant qu'après sa roort^ )e n'en puis mais, me contentant en mon ame d'avoir faict le devoir d'un très-bon frère. Si diray-je pourtant de luy que, nonobstant son mauvais mesnage \ c'a esté un bien fort homme