‹ Œuvres complètes de Pierre de BourdeillesChapitre 26 sur 372 · I. Quoiqu'il ait été peu ménager de son bien · texte numérisé non relu

I. Quoiqu'il ait été peu ménager de son bien

de bien, d'iiontieur; de valeur^ ..«t fort spleor» dide, magnifique et libéral, coromej^ t'ay vetjt patroistre tel à la cour,et armées.

Ce n'est pas tout que ceste susdiçte bonté \ car, pour agrandir et maintenir dans son antique splendeur nostre maison, j'ay sacrifié et quitté ma bonne fortune. Car je puis me vanter avoir esté autresfois à la cour, aussy bien venu, aimé et favorisé de mes roys et grands princes, et cognu d'eux pour homniç de mérite et de valeur : si que, sur le poinct de me ressentir de leurs bienfaicts et faveurs et estats et beaux grades du feu roy Henry III, je quittay tout après la mort de mon frère, pour assister à madame de Bourdeille, ma belle et bonne sœur, en son vefvage, et l'empescher dç se remarier* comme estant recherchée de jbrce grands et hauts partis, tant pour sa beauté de corps et d'esprit, que pour ses grands moyens, biens et richesses, et belles maisons, comme chascun s^ait. Je me rendis si bien subject à elle, et si près, qu'aucun n'osa s'approcher d'elle pour la vouloir servir, si-non par ambassades sourdes et secrettes; mais, par ma prévoyance et vigilance, j'en rompis tous les coups, menées et actes; de telle sorte que si elle se fust remariée, estant en l'aage de trente-sept ans, et pour porter

1. Ceci explique pourquoi, dans ses Dames, Branthdmé s'élève avec tant dlndignation contre les veuves qui se vt^ marient, déclarant ne raire aucune différence entre elles et les femmes mariées qui ont plusieurs amants. La raison d'intérêt se cachait sous cette indignation bizarre. Quant à son abandon du service de Henri m, il en a dit lui-même la cause : .madame de BourdeiUe n'y était pour /ien.

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encôr force «n£an$, ceux-là qui sont aujour* d'huy si riches et aisés, n'auroient pas mille livres de rente. Je n'en plains que leur peu de recognoissance en mon endroict, et mesmes de l'aisné, dont je laisse à Dieu la vengeance, lequel je prie qu'elle soit petite et légère, car je luy pardonne.

Une chose y a-il : c'est que, par le premier testament de madame de Bourdeille, paroist côfnme elle me recognoist qfuatre- mille deux cens escus, par moy prestes à elle, comme de vray le sont estes par plusieurs fois qu'elle avoit affaire, sans jamais avoir voulu prendre ceduUe; car, aussy tost qu'elle me demandoit, aussy tost prest, comme quand mes nepveux allèrent en Italie et y demeurèrent. Une autre fois que je luy prestay cinq cens escus pour payer ma soeur ae Bourdeille, et la jetter hors de la maison, qu'elle ne faisoit que l'importuner du reste de son total paiement, et oncques puis ne l'avons veue. Je prestay aussy trois cens escus pour mon nepveu le viscomte, pour aller faire son serment à Bourdeaux de son estât de seneschal de Perigord. Le petit Chabanes qui vit encor, les vint prendre et toucher des mains *du sieur Laurentio à Bran* thome, que nous y allasmes disner exprès, mondict nepveu M. le viscomte et moy, partant de Bourdeille; de sorte que, sans cest argent et diligence que nous y fismes pour y aller, possible n'eust-il faict là si bien ses affaires, pour des raisons qui se disoient et s'alleguoient pour lors, que je ne veux dire.

Et d'autant que le codicille que fit. puis

Opuscules 6$

après son testament premier madicte dame de Bourdeille à Archiac, sans que je sceusse jamais rien, si-non après sa mort qu'on me le fit sçavoir, dont j'en fus fort estonné, car elle me disoit et conferoit de plus grandes choses, veoir tous ses premiers secrets. Elle le fit pour Tadvis du sieur Dumas, lequel y fit mettre ceste clause et article, que madicte dame désire que lesdicts quatre mille deux cens escus tournent après sa mort à M. le viscomte, son fils aisné, et à sa maison. Ce fut doncques ledict sieur Dumas qui en minuta ou en fit faire ledict contrat, estant lors près d'elle, et ce, pour faire son accord avecques mondict nepveu, d'autant qu'il l'avoit persuadé et poussé à luy laisser quelques rentes proches et commodes à luy, et du tout ennoblies, dont madicte dame fut fort en colère et mal contente contre luy, comme je le vis, et contre son fils, M. le viscomte (pour l'avoir faict sans son sceu) qui n'estoit non plus content dudict sieur Dumas de l'avoir ainsy abusé et trompé. Et, pour ce, ledict Dumas, pour faire son accord avecques madame et son fils, fit mettre ceste susdicte clause et article dans ledict codicille ; ce qui me rendit fort estonné quand je vis cedict codicille et article après sa mort, et de quoy il m'avoit esté ainsy celé et caché : de sorte que quasy j'entray en doubte si ledict codicille estoit vray ou faux. Et si» le suis encor; dont je m'en rapporte aux consciences des personnes. Tant y a, d'autant que ceste-

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