‹ Œuvres complètes de Pierre de BourdeillesChapitre 3 sur 372 · Et ils ne manquaient pas d'être fouettés · texte numérisé non relu

Et ils ne manquaient pas d'être fouettés

4. Le métier de conducteur de mulet n'était pas fait pour lui donner la taille droite du cavalier.

10 Opuscules.

fort, ensemble et l'une de ses sœurs > qu'elle avoit fille. Mais elle mourut jeune à l'aage de

Juinze ans à la cour, qui fut fort regrettée et u roy et de la reine, car elle estoit l'une des belles filles de la cour, et la tenoit-on pour un petit ange, et du plus beau esprit, et qui disoit et raccontoit des mieux. Elle fut enterrée à costé du grand autel des Cordelliers à Paris, et en ay veu le tombeau engravé de bronze* : mais, lorsque l'église des Cordeliers se brusla, il y a vingt ans', il fondit tout, et n'en reste plus aucune vestige. Elle s'appelloit Louyse de Bourdeille, et le roy estoit son parrain, et l'aimoit si très-tant que, à l'aage de huict ans qu'elle fut menée à la cour, le roy la trouva si belle, si jolie (et oui causoit des mieux) qu'estant petite garse, l'espace de trois ans il la faisoit quasy ordinairement manger à sa table quand la reine n'y mangeoit, et la faisoit causer, si bien qu'il l'appelloit son petit perroquet, et* luy faisoit ainsy passer le temps. Mais quand elle fut grandette, il la mit sur la sagesse et la réputation ; car, à un enfant ou fille, il est bien séant de dire et faire tout; mais, quand on vient sur l'aage, ilne faut pas faire tousjours de l'enfant. Si faut-il que je fasse ce conte d'elle *.

1 . La reine l'aimait, ainsi que sa sœur Louise de Bourdeille, qu'elle avait attachée à sa personne.

Page 1