‹ Œuvres complètes de Pierre de BourdeillesChapitre 35 sur 372 · AVIS DES EDITEURS · texte numérisé non relu

AVIS DES EDITEURS

Mérimée et LcMiis Lacour n'ont laissé rien qui concerne les Œuvres d'André de Bourdeille annoncées par eux depuis 1858. On pourrait redonner ce qui a été publié comme Œuvres d'André de Bourdeille par l'édition Buchon. Mais on éprouve également de ce côté un grand mécompte. Les œuvres susdites ne comprennent que des Maximes de guerre et une suite de dépêches envoyées par André comme sénéchal du Périgord pendant les troubles de 1573 ; ces dernières ne peuvent être assimilées à des Œuvres; elles ne constituent qu'un document administratif.

Quant aux Maximes de guerre, traitant spécialement des devoirs du mestre de camp, elles ne sauraient être attribuées à André de Bourdeille. Il suffit en effet de lire la dédicace de l'auteur au Roy qui « m'a daigné. . . despartir un commandement digne d'un des plus excellens expérimentés capitaines qui sauroit estre » . Qu'est-ce que ce commandement militaire ? Ce n'est certes pas la sénéchaussée du Périgord. Il ne peut être question que de la charge de grand maître de l'artillerie, dont Biron fut pourvu dès 1569, huit ans avant sa promotion au maréchalat. Quand on com-

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table rigoureusement analytique est ici chose impossible, en raison de la rapidité et de la sécheresse du rappel de beaucoup de noms et de faits; elle est telle que le texte des renvois dépasserait souvent celui des passages visés. La mode est aux longues tables, et cette exagération est sans doute préférable à l'insuffisance. Leur seul défaut est de promettre plus qu'elles tiennent. Le chercheur alléché par les renvois ne trouve pas ce qu'ils lui ont fait espérer. Avec Branthôme les déconvenues de ce genre sont fréquentes. Nous en demandons pardon d'avance, mais nous aurions paru reculer devant les exigences de notre tâche en faisant un choix, et ce dernier danger nous a paru le plus grand.

Quand il s'agit de textes historiques, on dit souvent, et non sans raison, que rien ne permet de les apprécier mieux que la préparation et l'usage de leur table, car rien n'échappe au patient chargé de la dresser, ni au chercheur qui la consulte.

Il faut reconnaître que Branthôme résiste mal à cette épreuve. Nous lui devrions trois volumes du plus haut intérêt s'il avait bien voulu se laisser aller tout bonnement au gré de ses souvenirs. Mais il a préféré la quantité à la qualité; au lieu de trois tomes, il ^^ ^ donné douze dont il a pris le texte un peu partout, sans le dire toujours, sans citer ou sans traduire exactement ;Jil a fait en un mot une grosse et médiocre compilation, quand il eût pu laisser un petit chef-d'œuvre. On ne le voit que trop en lisant les pages écrites après

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