SCÈNE XII. 3ai
àUe! mon oncle ne voit pas comme voua. Casser ne glace, renverser un nécessaire, mettre du rouge? CMt de ces choses, dit-il, quun sage ne doit pas se lennettre. Il m'a menacée de raconter cela partout. *ai eu la faiblesse de craindre le public , et celle d'accpter....
( Elle »*arrète. ) LUSSÂN.
Achevez, Adèle, achevez.
ADÈLE
Une proposition... ( Un grand soupù\) Ah! mon oosin!
LUSSAN
Finissez, par grâce.
ADÈLE, avec timidité.
Hé bien! j'ai promis...
LUSSAN
Vous avez promis ?
ADÈLE
D'aller ce soir au bal de l'opéra avec madame rEsteval.
LUSSÂN.
Au bal de l'Opéra ! Vous n'irez point.
ADÈLE
Je suis au désespoir, mon cousin ; mais j'ai Promis.
LUSSAN
Vous avez cédé à la violence de votre position. Une promesse qui n'est pas libre , parfaitement libre, l'engage à rien. Vous faire promettre d'aller au bal
32a LES MEMNON, FRANÇAIS.
de rOpéia ! quell^indignité! Yous-contraindre à voujt donner en spectacle , à écouter de fastidieuses plaisanteries, les lieux communs quW adresse à toute femme un peu jolie...
ADÈLE, |^«i«ée.
Un peu jolie, monsieur?
LUSSAN
Très-jolie, si vous le voulez, madame; qu'importe le plus ou le moins? Si vous persistez à tenilr votre promesse....
ADÈLE
Hé, comment m'en dispenser?
LtfSSAlf.
Je me brouiUe avec vous.
ADELE, lai sonritiit arec doncear.
Ne serait-il pas mieux de notis accompagner?
L U s s A N , A^écrlant.
Moi , au bal de l'Opéra !
ADÈLE
Deux femmes y seraient déplacées. Et puis, tout ne sert-il pas d'aliment à la sagesse? Un spectacle tumultueux, insensé, ne nous affermira-t-il pas dans la vérité , la solidité de nos principes? D'ailleurs, qui nous reconnaîtra sous le masque ?
LUSSA.W.
Adèle, ma chère Adèle, renoncez à ce projet, je vous en conjure. N'y voyez que l'intention bien fo^ melle qu'a mon oncle de nous couvrir publiqu«n€Dt de ridicule. Savez-vous où m'a déjà pousse leur insrdieuse adréisse? A .m'emporter contre Dupont, i