‹ Œuvres complètes de Pigault Lebrun (volume 2)Chapitre 225 sur 417 · SCÈNE XV · texte numérisé non relu

SCÈNE XV

MONTBRUir.

Lussan n'aime pas.

ADELE.

Qui vous Fa dit ?

MOIfTBRUN.

Ce matin encore, il a refusé ta main.

ADÈLE

Par la crainte de ne pas l'obtenir de moi.

MONTBRUN, plan de joie.

Serait-il vrai? S'est-il déclaré; lui as-tu permis d'espérer; êtes-vous convenus de quelque chose?

ADÈLE

Rien de tout cela , mon oncle.

MONT BRUN, «yec impitience.

Hé, sur quoi donc juges-tu?....

Une femme ne se trompe jamais sur les sentiments qu^elle inspire.

MONTBRUN

Ah!

ADÈLE

Non, mon oncle, et les contrariétés, qui se sont succédées sans interruption aujourd'hui, ont plus avancé le dénoûment que des mois de méditation et de calcul.

M ONT BRU If.

Je t'ai donc servie, sans m'en douter!

A DÈLE.

Vous avez amené Lussan au point de se déclarer

ou de partir, et, bien certainement, il ne s'éloignera pas....

MOÏlTBRUlir. •

Ma foi, je n'en sais rien. L'opiniâtreté, la finisse honte de revenir sur ses pas

ADiLB. •

Ne tiendront pas contre la crainte de me perdre.

MOffTBRUir.

Tu le crois?

ADÈLE

J'en suii sûre , mon oncle.

MONTBRUN, rembriMant.

J'en accepte l'augure. Du moins œ projet*ci elt raisonnable; il me rit, et déjà je me -laisse aller aux douceurs de l'espérance.

( U lait une fiiiiMe sortie. } ADÈLS.

Ah, un mot, mon oncle, s'il vous plaît. Qu'esta donc que ce cartel dont vous parliez il y a un moment?

MONTBRUN

Rien, rien , mon enfant. C'est une folie de ton sage, qui ne peut avoir de suites, et qui, par conséquent, ne doit pas t'alarmer.

(Usort.)

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