ACTE II, SCENE III
vos prières? Quoi ! tu veux être mère, et tu ne soupçonnes pas encore la force, l'^bandofi 4u sentinient qui m'attache à toi ?
ADÈLE
Je ne sais , ma mère ; mais il me semhh que ma fille n'embrasserait pas en vain mes genoux. Qu'est devenue cette tendre sollicitude qui ne s'occupait que de ma félicité ?
LA CITOTBNN^ OiBICOUHr.
Cruel enfant! le cœur d'une mère change- 1- il jamais?
APàLE«
Prouvea4e-moi. Je suis malheureuse, suppliante, et vous me résistez.
LA CITOTENlf£ DÉRICOURT.
J'ai prononcé Tarrât; rien ne peut le foire révoquer.
A D È L£ , se levant, d*iiii tos fesme.
Mpn père a aussi prononcaé.
LA CITOTENIfE OéRICOURT.
Oserez-vous vous en prévaloir ?
ADÈLE, jBOBUraat Jolioi.
Eh ! que lui reprochez-vous ?
LA CITOYENNE OéRICOURT.
Rien.
JULIEM.
Et elle ne sera pas à moi !
LA CITOTINNS DÉRI€OURT«
Non 9 jamais.
JULIEir, d'une voix étouCKe.
Vous êtes injuste, tyranniqtie.
ADELE, très-TÎvanait.
Julien, tu parles à ma mère. {A sa mère.) Pftrdonnez-lui, pardonnez-lui, ma mère. II s*est oublié; c'est la première fois de sa vie , ce sera la dernière.
JULIEN
Oui, je m'égare.... Mais dois-je payer vos bienfiûts par le sacrifice le plus déchirant?
LA CITOTEirirE DÉRICODRT, prenant U main d*Ad^ , et la fixant.
Adèle, sois toujours vertueuse. La pente du crime est facile; la femme la plus chaste peut'étre fiûMe, et le souvenir d'une Êiiblesse est si cuisant!
ADÈLE
Qu'ont de commun ces étranges réflexions et notre amour?
LA ClTOYENrrE DÊRICOURT.
Votre amour! votre amour!... ah ! je l'avais prévu, le crime est héréditaire.
ADÈLE
Je ne vous entends plus.
LA CITOTErTNE DERICOURT.
Puisses-tu ne jamais m'entendre !
ADÈLE
Ma mère, je vous implore pour la dernière fois. Ayez pitié de votre fille. Elle a votre sensibilité, elle a Votre ame tout entière. Vous avez aimé; souvenez-vous-en. Oui, vous avez aimé, ma mère. Et vous me défendez d'avoir un cœur!