SCENE I
avoir les mêmes idées et le même langage , et , si on les en croit , tous auront les droits les plus réels à une heureuse exception. Aussi , n'est-ce pas sur cette classe cThommes que je juge votre détestable espèce. Parlons des maris, mon cher Durval/En connaissez-vous beaucoup qui rendent leurs femmes heureuses; qui conservent long-temps ces qualités séduisantes qui vous gagnent les cœurs; qui ne passent promptement à la froideur, à la négligence, à Toubli, et qui sou* vent se permettent pis encore ?
DURVAL.
Je connais , ne vous en déplaise , des ménages oii régnent la plus douce harmonie, les vertus paisibles , une félicité inaltérable ,' et j'en connais beaucoup.
ÉBflLlE.
Oh, beaucoup! vous mentez.
DURVAL.
Dès que vous niez les faits
EMILIE
Finissons.... Citez-m'en quatre.
DURVAL.
J'en citerais cent.
EMILIE
Hé bien, citez-les.
DURVAL.
•Vermond, Dubreuil, Courval (cherchant)^ Cour-* val.... Courval
EMILIE
En voilà trois.... : après?
/,/î« Œ DIVORCE.
Oh j VOUS êtes d'une vivacité ! Je n'ai pas le rpcenseuient de Paris dans ma poche.
EMILIE
En voilà trois , et je conviens des qualités rares de ces trois hommes. Mais, mon cher ami, si je voalns citer à mon tour, j'en nommerais mille qui sont fiticisémeut le contraire de Yermond , de Did»reuil et de Courval, et, en vérité, je ne jouerai point à un jen qui présente autant de chanoess défavorables.
DURVAL.
Ecoutez donc. On n'est ordinairement porté à très* mal penser des autres que par un très-grand fond de bonne opinion de soi-même. Ainsi , vous devez trouver en vous tout ce qui peut vous rassurer et fixer ces monstres que vous redoutez tant.
EMILIE
Nous plaisantions tout à l'heure; nous parlons raison maintenant. Souvenez-vous-en, et n'attendez rien de ces flagorneries d'usage , qui ne me surprendront pas, malgré l'amour -propre que vous voulez bien m'accorder.
DURVAL.
Pourquoi ce Ion sérieux? n'attachez donc pas à ces prétendues flagorneries une importance que je n'y mettais point.
EMILIE
C'est-à-dire que pour la seconde fois vous meniez, v\ avec le dessein bien positif de mentir.