‹ Œuvres complètes de Pigault Lebrun (volume 2)Chapitre 332 sur 417 · SCÈNE Vlll · texte numérisé non relu

SCÈNE Vlll

société, tu n'iras pas aujourd'hui. On criera peut-être un peu ; cela te vaudra le plaisir d'un raccommodement.

THÉVEWIN.

Je te sais bien bon gré de tes instances; mais on compte sur moi , et il est des procédés auxquels on ne manque jamais; il est des personnes à qui on doit beaucoup.

KMILI£, à part.

Mademoiselle Élise, par exemple. {Haut.) Eh! mon ami , il est des procédés si peu raisonnables et si peu fondés! Que sont des préjugés comparés à un sentiment? Tu soâperas avec ta fille; elle sera près de toi; elle est enjouée, elle est tendre; elle rendra ta soirée agréable. Ce ne sera pas du bruit ; ta tête ne sera pas exaltée; mais ton cœur jouira.

THÉVENIIC, àpart.

Je crois qu'elle a raison : voilà peut-être la philosophie du bonheur. ( Haut. ) Ma chère enfant , demain nous passerons la journée ensemble.

EMILIE

On ne peut donc pas rompre ce malheureux souper ?

THÉVEWIN.

Non, en vérité; non, cela ne se peut pas.

EMILIE

Hé bien, je t'accompagnerai.

THÉVENIN, à pvt.

Me voilà pris.

ÉMILIB.

Je ne veux pas te quitter d'aujourdliui.

THÉVENIN

Mais, pense donc qu'on ne t'attend pas; qu'on trouverait peut«4tre étrange....

EMILIE

Tes amis accueilleront ta fille.

THiVENIN.

c'est que ce ne sont pas précisément des amis.

EMILIE, êTec une démit ingénnité.

Ce sont de simples connaissances ?

THiVElflir.

De simples connaissances. *

EMILIE

Hé bien, je ferai connaissance aussi. Je m'amioocerai moi-même , et de manière à faire oublier mon inconséquence.

THÉVEWIN.

Mais c'est une plaisanterie , mon euiiuit.

EMILIE

Oui, c'est une plaisanterie; mais je suis décidée.

THÉVENIlf.

Tiens, mon Emilie, je t'avoue de bonne foi que ta m'embarrasses beaucoup.

EMILIE, à piurt.

Je le crois. ( Haut, ) Qui peut t'embarrasser ? Il me semble avoir levé toutes les difficultés. Tu ne crains pas que ta fille ait à rougir dans une société que fréquente son père?

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