‹ Œuvres complètes de Pigault Lebrun (volume 3)Chapitre 10 sur 340 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

Par des soins assidus mon ardeur s'annonça. Pour un ooeur amoureux. est-il rien de pénible? A mon zèle bientôt mon amant fut sensible. J'en obtins ces égards , ces marques de bonté , Si dignes de flatter ma sensibilité ; Mon amour, en un mot, alla jusqu'à Tivresse ; Mais si j'eus ses transports , j'eus sa délicatesse. Ardent jusqu'au délire , et jamais indiscret , Il fut couvert toujours du voile du respect. D'un regard mon amant faisait ma destinée.

ROSÉIDE, 1q serrant dans êes bras.

Et .cet amant enfin ne t'a pas devinée ? Au-devant de ton cœur le sien ne volait pas?

VALÈRE

Quelquefois l'amitié me pressait dans ses bras. Jugez de mes transports.... de ma douleur amère. Je brûlais de parler, je craignais sa colère. Par mes pleurs quelquefois j'espérais l'attendrir. Mon coeur par cet espoir se laissait éblouir; Mais mon ame bientôt, à ses craintes livrée. Ne sentait que le trait dont elle est déchirée.

Page 1