ROS£IDE
Eh ! pourquoi persister à cacher ton ardeur ? A ton heureux amant que n'ouvrais-tu ton cœur ?
VALÈRE
Je vous l'ai déjà dit, je craignais sa colère. Le devoir l'enchaînait par une loi sévère. Victime d'un hymen qui consumait ses jours, Devais-je de mes feux empoisonner leur cours ? Fidèle à ses sermens , il m'aurait abhorrée.
ROSÉIDE.
Ah! s'il t'avait connue, il t'aurait adorée.
VALÈRE
Madame.... le devoir....
ROSEIDR.
Ah! Finette, l'amour....
VALÈRE
Sans doute le mépris....
ROSilDE.
Sans doute le retour Eût versé sur ta vie une ivresse constante. L'amant vaincu tombait dans les bras de l'amaqte. Rends- toi justice enfin, peut-on te résister?
VALÈRE
Amour , d'un vain espoir voudrais-tu me flatter ? J'obéis à ta voix.... Connaissez-moi , madame. Je vous trompais, c'est vous dont la beauté m'enflamme; Vous voyez un amant tremblant à vos genoux.
ROSEIDE.
( Aveo transport. ) ( Ayec effroi. )
Qu entends-je ? tu serais... Monsieur, relevez-vous. Je suis faible un instant; mais c'est pour ne plus l'être. Vous surprenez mon cœur , vous allez le connaître.
VALÈRE
L'amour, voirs le pensez, ne peut être un forfait. Lui-même , Roséide , a dicté cet arrêt.
Sur les pas du plaisir que ce dieu nous entraîne. Tu m'aimes , je le vois : ose briser ta chaîne. Dans les bras d'un amant....